Condamnations confirmées pour l'attaque des locaux de SOS Méditerranée
La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé ce lundi 23 mars les condamnations de 22 des 23 membres du commando identitaire qui avait attaqué les locaux de l'association de sauvetage en mer SOS Méditerranée à Marseille en octobre 2018. Les peines prononcées vont de six mois de prison avec sursis jusqu'à un an de prison ferme, selon le jugement rendu public.
Les principaux condamnés
Parmi les personnes condamnées figurent deux Montpelliérains et un ancien candidat du Rassemblement National dans le Gard. Flora S., une doctorante en droit qui avait dû démissionner de son poste d'enseignement en 2025 après la révélation de sa participation, est à nouveau condamnée. Peter Sterligov, ancien cadre des services techniques de Beaucaire et candidat FN battu aux élections départementales à Nîmes en 2015 et à Châteaurenard en 2021, fait également partie des condamnés.
Seule une jeune femme de Montpellier qui avait uniquement filmé les faits a été relaxée par la cour d'appel, marquant la seule différence notable avec le premier jugement.
Le déroulement des faits
Les événements remontent au 5 octobre 2018 lorsque des membres de la branche "jeunesse" de Génération identitaire, groupuscule aujourd'hui dissous, ont fait irruption au siège de l'ONG qui vient en aide aux réfugiés en mer Méditerranée centrale. Les militants ont séquestré huit bénévoles et salariés avant de déployer une banderole au balcon de l'immeuble portant l'inscription : "SOS Méditerranée complice du trafic d'êtres humains !".
La police avait d'abord été empêchée d'entrer dans les locaux avant de devoir utiliser du gaz lacrymogène pour libérer le personnel retenu contre son gré.
Une audience marquée par l'absence des prévenus
Lors de l'audience d'appel du 9 février, aucun des 23 militants d'extrême-droite ne s'est présenté, alors qu'ils n'étaient que 13 lors du premier procès. Me François de Cambiaire, l'avocat de SOS Méditerranée, a déploré cette absence : "S'ils étaient venus, ça aurait permis qu'ils puissent assumer leurs responsabilités, c'est un mépris pour la justice et nos clients".
L'avocat a également rappelé que huit des prévenus s'étaient finalement désistés de leur appel après leur condamnation pour violence, ce qui rendait "difficile de plaider le contraire" pour le reste du groupe.
Les conséquences psychologiques pour les victimes
Me De Cambiaire a insisté sur la réalité des "violences psychologiques" subies par les victimes : "C'est une affaire encore douloureuse pour elles, ce n'est pas anodin, elles ont cru que c'était une attaque terroriste. Quelques jours après, une salariée a fait une fausse couche, c'est lié factuellement".
L'avocat général avait demandé des peines supérieures de quatre ou cinq mois de prison supplémentaires en raison de l'absence des prévenus à l'audience, mais cette requête n'a pas été suivie par la cour.
Le contexte judiciaire
Lors du premier procès, les militants avaient contesté toute violence, parlant de liberté d'expression et d'action pacifiste. La cour d'appel a rejeté ces arguments et confirmé les condamnations pour des faits qualifiés de séquestration et de violence.
Cette décision judiciaire intervient alors que Génération identitaire a été dissous depuis, mais que ses anciens membres continuent de faire l'objet de poursuites pour leurs actions passées.



