Ce jeudi 30 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Paris a débouté la procédure en référé lancée par Gabriel Attal et son parti Renaissance à l'encontre de Marine Le Pen et du Rassemblement national. L'ancien Premier ministre accusait le parti d'extrême droite de « contrefaçon de plusieurs marques » et de « parasitisme » pour avoir utilisé l'expression « la renaissance » sur une affiche de campagne pour la présidentielle de 2027.
Une affiche aux multiples implications juridiques
Le 7 juillet 2026, au soir de sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen avait confirmé sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Dans la foulée, elle dévoilait une affiche de campagne la représentant, bras grands ouverts, avec le slogan : « Pour la France - la renaissance ». Cette utilisation a immédiatement suscité la réaction de Renaissance, qui y voyait « une usurpation d'identité ».
Le parti macroniste avait alors engagé une action en référé, estimant que cette reprise portait atteinte à ses marques et créait une confusion dans l'esprit des électeurs. Dans un communiqué, Renaissance affirmait : « Renaissance a décidé d'engager toutes les actions judiciaires nécessaires afin de faire cesser ces agissements sous astreinte et d'obtenir réparation de son préjudice, notamment sur le fondement de la contrefaçon de marque et du parasitisme. »
Les motifs du rejet par le tribunal
Après une audience tenue le lundi précédant la décision, le tribunal a jugé les récriminations de Gabriel Attal irrecevables. Sur la question de la contrefaçon, il a observé que « le slogan litigieux est utilisé pour une offre politique et non pour un produit ou pour un service », et a considéré qu'il n'entrait pas dans « le domaine du droit des marques ». Quant au parasitisme, le tribunal a retenu que l'utilisation du nom commun « la renaissance » ne « suscite pas de confusion avec le nom propre Renaissance du parti, ni ne laisse croire à une collaboration entre les deux mouvements politiques et ne tire ainsi aucun avantage ».
Le tribunal a également estimé que la reprise de ce mot « n'aurait pu constituer un trouble manifestement illicite que s'il visait à tromper l'électeur, ce qui n'est pas le cas ici ». En outre, il a rejeté la demande reconventionnelle du RN et de Marine Le Pen pour procédure abusive, considérant que Gabriel Attal et son parti avaient « seulement commis une erreur juridique sans intention de nuire ».
Réactions et suite judiciaire
Renaissance a annoncé dans un communiqué faire appel de cette décision. Le parti de Gabriel Attal a déclaré : « La démarche de Renaissance n'a qu'un seul objectif : protéger l'identité, les valeurs et le nom sous lesquels des milliers de militants s'engagent depuis plusieurs années auprès des Français. Une formation politique ne peut voir son identité brouillée ou détournée au moment où le débat démocratique exige, au contraire, clarté et sincérité. »
Du côté du Rassemblement national, le directeur de campagne de Marine Le Pen, Julien Sanchez, s'est félicité « d'un véritable camouflet ». Il a ajouté : « Ils entendaient priver le Rassemblement National et Marine Le Pen de leur liberté d'expression en s'accaparant dans le débat public un simple mot de la langue française et une période de l'histoire de France qui leur est totalement étrangère. »
Cette décision de justice, rendue en période pré-électorale, illustre les tensions croissantes entre les deux principaux mouvements politiques français. Elle intervient alors que Marine Le Pen, candidate déclarée, entend capitaliser sur un slogan qui résonne avec l'histoire de France, tandis que Renaissance tente de préserver son identité politique. L'appel devrait être examiné dans les prochains mois, possiblement après l'élection présidentielle de 2027.



