Appel à témoins pour 89 mineurs victimes de viols : un suspect de 79 ans identifié
Appel à témoins pour 89 mineurs victimes de viols

Un vaste appel à témoins lancé pour un dossier "singulier" de viols sur mineurs

Le parquet de Grenoble a lancé, mardi 10 février 2026, un appel à témoins public après l'interpellation d'un homme de 79 ans, Jacques Leveugle, suspecté de viols et agressions sexuelles aggravés commis sur 89 mineurs entre 1967 et 2022. Le procureur de Grenoble, Etienne Manteaux, a qualifié ce dossier de "un peu singulier" et a décidé de rendre publique l'identité du suspect pour faciliter l'identification de potentielles victimes.

Une clé USB révèle des "mémoires" détaillant les faits

Les enquêteurs ont découvert une clé USB contenant des écrits, décrits comme des "mémoires", où Jacques Leveugle évoque des "rapports sexuels" avec des mineurs âgés de 13 à 17 ans. Cette clé a été trouvée par son neveu, qui s'interrogeait sur la vie affective de son oncle. "Il y a quinze tomes, c'est une matière très dense", a précisé le procureur, ajoutant que les enquêteurs ont recensé 89 mineurs à partir de ces documents.

Des faits commis dans plusieurs pays sur une période de 55 ans

Les agressions auraient été perpétrées en Allemagne, Suisse, Maroc, Niger, Algérie, Philippines, Inde, Colombie et Nouvelle-Calédonie, où l'homme travaillait comme éducateur. "Il a parcouru ces différents pays et dans chacun de ces lieux où il va s'installer pour faire du soutien scolaire, être enseignant, il va rencontrer des jeunes et il va avoir des relations sexuelles avec ces jeunes", a expliqué M. Manteaux.

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Jacques Leveugle, décrit comme "cultivé et charismatique", procédait par "séduction intellectuelle du mineur et, pour le côté sexuel, l'approche se fait ensuite par le rire". Il se voyait "comme un Grec antique formant de jeunes éphèbes", a rapporté le procureur. Le colonel Serge Procédès, commandant de la section de recherches de Grenoble, a évoqué "un cas d'école de sérialité", soulignant l'absence de violence physique mais des "contraintes morales".

Un parcours judiciaire complexe et un appel urgent à témoins

Mis en examen et placé en détention provisoire en février 2024, Jacques Leveugle a ensuite été placé sous contrôle judiciaire strict, qu'il n'a pas respecté, conduisant à un nouveau placement en détention provisoire depuis avril 2025. Le procureur a justifié le lancement tardif de l'appel à témoins par la nécessité de vérifier la véracité des faits et d'identifier les victimes en interne, mais face à des difficultés, il est devenu "indispensable" de rendre l'affaire publique.

Un numéro vert a été ouvert par la justice : 0-800-20-01-42, pour permettre aux victimes de se manifester. Environ 150 personnes ont déjà été entendues, mais l'appel vise à consolider le parcours de vie du suspect et à identifier des victimes non répertoriées, notamment en Nouvelle-Calédonie entre 1983 et 1985. Le procureur a insisté sur l'urgence, évoquant l'âge du prévenu et les délais de prescription, qui pourraient exclure les faits antérieurs à 1993.

Deux meurtres reconnus en plus des agressions sexuelles

Jacques Leveugle a également reconnu avoir étouffé sa mère, atteinte d'un cancer en phase terminale dans les années 1970, et sa tante de 92 ans dans les années 1990, en utilisant un coussin. Selon le procureur, il a justifié ces actes en déclarant qu'il aimerait qu'on lui fasse la même chose en fin de vie. Une enquête distincte a été ouverte pour ces meurtres, entièrement reconnus par le suspect.

Le procureur a conclu en appelant les victimes à se manifester rapidement, car l'enquête doit être clôturée en 2026 pour un jugement dans des délais raisonnables.

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