Le procès en appel d'Audrey Mondjehi s'ouvre à Paris
La cour d'assises spéciale d'appel de Paris a entamé lundi l'examen du recours d'Audrey Mondjehi, un ressortissant ivoirien de 44 ans, condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour sa complicité dans l'attentat terroriste de Strasbourg en 2018. Ce délinquant multirécidiviste avait fait appel de cette peine prononcée en 2024, assortie d'une peine de sûreté des deux tiers sans possibilité d'aménagement.
Les faits de l'attaque de décembre 2018
Le soir du 11 décembre 2018, Chérif Chekatt, un délinquant radicalisé de 29 ans fiché S, avait prêté allégeance au groupe État islamique avant de faire irruption sur le marché de Noël de Strasbourg. Ce site touristique attire annuellement environ trois millions de visiteurs du monde entier. En criant "Allah Akbar !", l'assaillant avait ouvert le feu sur des passants, tuant cinq personnes et en blessant onze autres dans les rues bondées de la capitale alsacienne. Après deux jours de traque intensive, il avait été abattu par les forces de l'ordre dans le quartier strasbourgeois du Neudorf, où il avait grandi.
Le rôle controversé d'Audrey Mondjehi
La première cour d'assises avait estimé qu'Audrey Mondjehi "avait connaissance de la radicalisation violente" de Chérif Chekatt, dont il était proche depuis leur rencontre en détention en 2007. Cependant, l'accusé réfute catégoriquement cette affirmation. Il soutient qu'il n'avait pas conscience de la radicalisation de Chekatt et qu'il l'avait aidé à se procurer une arme auprès de gitans sédentarisés en pensant qu'il s'agissait d'un projet de braquage.
Les autres protagonistes du dossier
Lors du premier procès, deux autres intermédiaires avaient été condamnés pour association de malfaiteurs, sans que la dimension terroriste ne soit retenue. Ils ont écopé respectivement de quatre et cinq ans de prison, avec des sursis partiels. Un troisième homme avait été acquitté. En revanche, Albert B., l'octogénaire qui avait vendu l'arme à Audrey Mondjehi et Chérif Chekatt quelques heures avant l'attentat, ne sera jamais jugé. Fin 2025, une expertise médicale a conclu que son état de santé était définitivement "incompatible" avec toute comparution, après avoir déjà manqué le procès en première instance.
Enjeux et verdict à venir
Audrey Mondjehi encourt désormais la perpétuité pour complicité d'assassinats et de tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste. La cour d'assises spéciale d'appel de Paris doit rendre son verdict le 17 avril, marquant une étape cruciale dans ce dossier judiciaire complexe lié à l'un des attentats les plus meurtriers sur le sol français ces dernières années.



