Procès d'étudiants pour antisémitisme à la Sorbonne : peines requises
Antisémitisme à la Sorbonne : deux étudiants jugés à Paris

Deux étudiants de la Sorbonne jugés pour antisémitisme à Paris

Le tribunal correctionnel de Paris a consacré neuf heures d'audience, le 18 février, à examiner deux dossiers distincts impliquant des étudiants accusés d'actes antisémites au sein de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. La procureure de la République a distingué les cas en déclarant : « Le premier présente un antisémitisme camouflé et idéologisé ; le second, un antisémitisme plus brut de décoffrage ». Dans les deux affaires, elle a requis des peines de prison avec sursis, accompagnées de l'obligation de suivre un stage au Mémorial de la Shoah.

Premier dossier : harcèlement et exclusion sur Instagram

Dans la première affaire, Teba N., une étudiante de 18 ans en première année de licence d'économie, était poursuivie pour harcèlement scolaire et provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à raison de l'origine. Elle avait exclu des étudiantes d'un groupe Instagram qu'elle avait créé pour sa promotion à la rentrée 2025. La présidence de l'université, partie civile aux côtés des familles des victimes, de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), de la Licra et de l'Organisation juive européenne, a indiqué que cette exclusion était motivée par « leur supposé sionisme, plus vraisemblablement leur prétendue appartenance religieuse ».

Le 15 septembre, Teba N. a retiré trois étudiantes du groupe et a posté un message stipulant : « S'il y a d'autres sionistes dans ce groupe en plus de ceux que j'ai déjà tej [virés], vous pouvez d'ores et déjà le quitter, on veut pas de vous ici. Pareil pour les racistes de manière générale », accompagné d'un drapeau palestinien. Elle a justifié ses actes en expliquant que ces étudiantes étaient abonnées à des comptes « militaires pro-israéliens » et au compte « Soutien à Israël », ce qui l'avait « gênée » et l'avait conduite à « enlever les profils par précaution ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Défense et reconnaissance des actes

Lors de l'audience, Teba N. a plaidé que ses actions n'étaient pas liées à la religion, affirmant : « Si cela avait été en soutien au Hamas plutôt qu'à Tsahal, j'aurais fait pareil ». Elle a ajouté : « Je trouve cela dangereux d'avoir ça dans un groupe d'étudiants. C'est quand même explicite. Mais cela n'a rien à voir avec la religion, que je ne pouvais d'ailleurs pas savoir ». Malgré cela, elle a reconnu que son comportement était « regrettable », tout en pointant un climat délétère sur les campus.

La procureure a requis une peine de dix mois de prison avec sursis pour Teba N., soulignant la gravité des faits dans un contexte universitaire. Le second dossier, impliquant un autre étudiant pour des actes similaires mais présentés comme plus directs, a vu la procureure requérir trois mois de prison avec sursis. Les deux cas mettent en lumière les tensions et les défis liés à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale