Un professeur d'aïkido condamné pour agressions sexuelles sur son élève mineure
Un enseignant d'aïkido de 60 ans, originaire de Gigean dans l'Hérault, a été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur une de ses élèves mineures et condamné à une peine de prison ferme. Le tribunal judiciaire de Montpellier a rendu son verdict mercredi 18 mars 2026, mettant fin à une procédure judiciaire qui a révélé des faits s'étalant sur quatre années.
Des gestes présentés comme pédagogiques mais qualifiés d'agressions
L'homme, qui enseignait les arts martiaux et la self-défense, a nié toute intention sexuelle tout au long des débats, affirmant n'avoir accompli que des gestes pédagogiques nécessaires lors des séances d'entraînement. Cependant, le tribunal a retenu les accusations portées par son élève, aujourd'hui âgée de 17 ans, qui a décrit des attouchements répétés entre 2020 et 2024.
La procédure judiciaire a établi que le professeur posait régulièrement ses mains sur les genoux, à l'intérieur des cuisses, sur les fesses et au niveau du sexe de la jeune fille pendant les échauffements et étirements. Un baiser par surprise sur la bouche a également été rapporté. "Sur le moment, j'étais beaucoup dans le déni, j'avais honte", a confié la victime à la barre du tribunal, fondant en larmes lors de son témoignage.
Une relation de confiance détournée
La jeune fille avait 10 ans lorsqu'elle a fait la connaissance de son moniteur. Elle est rapidement devenue sa "chouchou" et se retrouvait souvent seule avec lui pendant les cours. "Je me suis dit qu'il fallait que j'en parle au cas où il y aurait d'autres victimes. Les bisous, j'appelle pas ça un jeu. Chaque fois que quelqu'un entrait dans la pièce, il s'enlevait vite de moi", a développé l'adolescente, visiblement émue.
L'avocate de la victime a décrit comment sa cliente s'était "petit à petit retrouvée coincée" dans cette relation. "On le voit dans les vidéos, elle repousse les gestes qu'il va faire sur son corps", a-t-elle souligné, dénonçant des "manœuvres de séduction" qui ont conduit la jeune fille à se "détruire de l'intérieur". L'adolescente ne peut désormais plus entrer dans une salle de sport et son hospitalisation est envisagée.
La défense plaide l'ambiguïté pédagogique
Lors de l'audience, le professeur a été questionné point par point sur les accusations. Interrogé sur le fait qu'une enfant de 10 ans lui confie ses secrets, il a répondu : "J'avoue que c'est gênant mais Gigean est un petit club où tout le monde se connaît. On m'a dit qu'on avait un rôle social. Je me suis dit qu'elle voyait peut-être en moi ce qu'elle n'avait pas avec son père".
Concernant les attouchements, il a justifié ses gestes par les nécessités de l'enseignement : "Quand on fait des étirements, on appuie, on est obligé de toucher". Pour les mains posées près du sexe, visibles sur une vidéo filmée par son élève, il a expliqué : "Au corps à corps, on apprend aux jeunes filles à se défendre face aux hommes qui peuvent les agresser. On faisait des scénarios".
La défense a plaidé "l'ambiguïté d'où naissent les poursuites", affirmant que "ce professeur, à l'évidence, a dépassé ce que doit faire un enseignant d'aïkido, mais il n'y a jamais eu d'intention sexuelle. Il considérait ses actes comme de la pédagogie". L'avocat a même souligné : "Je ne connais pas de délinquant sexuel qui se laisse filmer".
Une condamnation ferme du tribunal
Malgré les arguments de la défense, le tribunal a reconnu l'homme coupable d'agressions sexuelles. La procureure a observé dans ce dossier "des gestes sexualisés en dehors de tout acte de sport, ainsi que des propos à connotation sexuelle. Une emprise mise en place pendant plusieurs années".
La peine prononcée comprend :
- Trois ans de prison dont deux avec sursis probatoire pendant deux ans
- Exécution de la partie ferme sous bracelet électronique
- Interdiction définitive d'exercer toute activité auprès des mineurs
- Inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur les limites de la relation enseignant-élève dans les disciplines sportives, particulièrement lorsqu'il s'agit de mineurs. Où s'arrête le geste sportif légitime et où commence l'agression sexuelle ? Le tribunal de Montpellier a apporté une réponse claire en condamnant fermement des comportements qui ont durablement affecté une adolescente sous couvert d'enseignement martial.



