Affaire Recco : 46 ans après, les familles des victimes de Béziers n'oublient pas
Affaire Recco : les familles des victimes de Béziers témoignent

Le soir de Noël, un cercueil à la maison

Le 22 décembre 1979, trois jeunes caissières du magasin Mammouth de Béziers sont tuées d'une balle dans la nuque. Le meurtrier, Tommy Recco, 91 ans aujourd'hui, cumule 60 ans de prison et deux condamnations à perpétuité. Dans un entretien accordé à Midi Libre, les proches des victimes reviennent sur cette tragédie qui a marqué leur vie à jamais.

Des vies brisées

Guy Maurel, mari de Sylvette, l'une des victimes, se souvient : « Le jour de Noël, j'avais un cercueil à la maison. Comment voulez-vous que j'oublie un pareil événement ? Comment voulez-vous que je lui pardonne ce qu'il nous a fait ? » Il exprime une colère intacte : « J'attends sa mort. J'attends qu'il meure en prison. Et je vais plus loin : quand il sera mort, je retrouverai sa tombe et j'irai cracher dessus. Comme il nous a craché dessus. »

Henriette Alcaraz, mère de Josette, 100 ans aujourd'hui, refuse de mourir avant le bourreau de sa fille. « Je ne veux pas qu'il meure dans l'oubli. Je veux être là pour vivre cette annonce. »

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Un tueur insaisissable

Tommy Recco a toujours nié les meurtres de Béziers, malgré les preuves balistiques et les témoignages. Son avocat, Me Alain Lhote, a saisi la Cour européenne des droits de l'homme en 2023 pour contester la durée de sa détention. Mais pour les familles, cette démarche est une insulte supplémentaire. « Je ne voyais qu'un monstre. Rien d'autre », déclare Guy Maurel, qui se souvient du procès où Recco se présentait les bras en croix, clamant son innocence.

Un lien avec la tuerie de Carqueiranne

C'est grâce au rapprochement avec les meurtres de Carqueiranne (Var) en janvier 1980 que les enquêteurs ont identifié Recco. La même sauvagerie, la même arme. Un témoin biterrois l'a reconnu lors d'un tapissage. Recco a été condamné à perpétuité pour six meurtres, mais il n'a jamais avoué ceux de Béziers.

Une colère qui ne s'éteint pas

46 ans après, Guy Maurel et Henriette Alcaraz portent seuls le souvenir des trois victimes : Sylvette Maurel, Josette Alcaraz et Renée Chamayou. Leur douleur est toujours vive, leur colère intacte. « Je veux qu'il crève en prison », répète Guy Maurel. Pour eux, la page ne sera tournée qu'avec la mort du tueur.

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