924 personnes ont été incarcérées pour des faits de violences sexuelles sur mineurs depuis le 8 juin, date du lancement d’une revue nationale dans le sillage de l’affaire Lyhanna, a annoncé mardi le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Ces incarcérations représentent « une hausse de +134% par rapport à la normale », précise la Chancellerie dans un communiqué.
Un bilan exceptionnel en deux mois
Quelque 1.700 informations judiciaires, confiées à des juges d’instruction, ont également été ouvertes depuis le 8 juin, un chiffre en hausse de 271% par rapport à la même période l’année dernière, détaille le communiqué. Cette mobilisation sans précédent fait suite à la demande de Gérald Darmanin, le 8 juin dernier, à tous les parquets de revoir l’ensemble des plaintes déposées dans le sillage de l’affaire Lyhanna, collégienne de 11 ans dont le violeur présumé, Jérôme Barella, avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes restées sans suite.
Une évolution structurelle annoncée
« Cette mobilisation exceptionnelle ne constitue pas une réponse ponctuelle à un drame », affirme la Chancellerie, assurant qu’« elle marque une évolution structurelle et durable de l’application de la politique pénale du garde des Sceaux en matière de protection des mineurs ». Le ministre a souligné que ces chiffres témoignent d’une prise de conscience et d’une réactivité accrues des autorités judiciaires face aux violences sexuelles sur mineurs.
L’affaire Lyhanna, qui a bouleversé l’opinion publique, a mis en lumière les défaillances dans le traitement des plaintes antérieures. Jérôme Barella, 41 ans, père d’une amie de la collégienne, a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre d’un mineur de moins de 15 ans. Le corps de Lyhanna avait été retrouvé dans un silo à grain à Puycasquier, après sa disparition le 29 mai 2026 à la sortie du collège Hubert Reeves de Fleurance.
Des chiffres en forte progression
Les 924 incarcérations depuis le 8 juin représentent une augmentation spectaculaire par rapport à la moyenne habituelle. La Chancellerie précise que cette hausse de 134% est le résultat direct de la revue systématique des plaintes ordonnée par le ministre. Par ailleurs, les 1.700 informations judiciaires ouvertes, soit une augmentation de 271% par rapport à l’année précédente, montrent une implication accrue des juges d’instruction dans ces dossiers.
Gérald Darmanin a insisté sur le caractère durable de cette politique : « Il ne s’agit pas d’un coup d’épée dans l’eau. Nous voulons changer en profondeur la manière dont la justice traite les violences sexuelles sur les enfants. » Le garde des Sceaux a également annoncé la création d’une cellule dédiée au sein du ministère pour suivre ces affaires et garantir que les plaintes ne restent plus sans suite.
Réactions et perspectives
Les associations de protection de l’enfance ont salué ces mesures, tout en appelant à une vigilance continue. « C’est un signal fort, mais il faut que cela se traduise dans la durée », a déclaré la présidente de l’association Enfance et Partage. De son côté, l’avocat de la famille Lyhanna a estimé que « cette réponse judiciaire est à la hauteur du drame vécu par la famille et par tout le pays ».
Le gouvernement entend poursuivre cette dynamique avec des réformes législatives visant à renforcer la protection des mineurs. Un projet de loi devrait être présenté à l’automne, incluant des mesures pour faciliter le signalement et le traitement des plaintes.



