Le lundi 6 juillet 2026, à 6h30, Malika Chmani allume son téléphone et découvre, abasourdie, l'exclusivité du quotidien La Dépêche du Midi : « Cédric Jubillar passe aux aveux et reconnaît sa responsabilité dans la disparition de son épouse Delphine, cinq ans après les faits. » L'avocate toulousaine, qui représente Jules et Lina (les prénoms ont été changés), les enfants de Cédric et Delphine Jubillar, n'en revient pas. « J'étais émue, confie-t-elle au Nouvel Obs. Je me suis dit “super !”, je n'ai pensé qu'à eux. » Personne n'a jugé bon de la prévenir. « J'ai vite contacté la tante des enfants, chez laquelle ils vivent, pour qu'ils ne l'apprennent pas par la presse », ajoute-t-elle.
Un coup de théâtre dans une affaire déjà complexe
Ce retournement intervient plus de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn). Condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme, Cédric Jubillar avait toujours clamé son innocence. Ses aveux surviennent à un peu plus de deux mois de son procès en appel, prévu à Toulouse. Les avocats des proches de Delphine, tout comme ceux de la défense, ont appris la nouvelle par les médias, sans aucune information préalable de la part du principal intéressé ou de ses conseils.
Des aveux qui interrogent
Selon les informations du Nouvel Obs, ces aveux posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses. Pourquoi Cédric Jubillar a-t-il choisi ce moment pour reconnaître sa responsabilité ? Quels sont les termes exacts de ses déclarations ? Les parties civiles s'interrogent sur la sincérité et les motivations de ce revirement. « Cela soulève des interrogations sur la stratégie de défense et sur la vérité des faits », commente un proche du dossier. L'avocate Malika Chmani insiste : « Il faut que la vérité soit dite pour les enfants, qui ont besoin de savoir ce qui est arrivé à leur mère. »
Les réactions des parties civiles
Les avocats des proches de Delphine Jubillar ont exprimé leur surprise et leur mécontentement face à cette annonce faite par voie de presse. « C'est un manque de respect envers les victimes et leurs familles », déplore l'un d'eux. Ils attendent désormais des éclaircissements lors de l'audience d'appel, qui devrait permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes de la disparition. Le procès en appel, qui s'ouvrira en septembre 2026, sera crucial pour déterminer si ces aveux modifieront la peine ou le jugement initial.
Les enjeux du procès en appel
Ce revirement de Cédric Jubillar pourrait avoir des conséquences importantes sur la suite de la procédure. S'il reconnaît sa responsabilité, la cour d'assises d'appel pourrait être amenée à reconsidérer la qualification des faits ou la peine. Cependant, les experts judiciaires soulignent que des aveux tardifs, surtout après une condamnation en première instance, ne garantissent pas une réduction de peine. « La justice devra évaluer la sincérité de ces déclarations et leur impact sur la manifestation de la vérité », explique un avocat pénaliste. Les proches de Delphine, eux, espèrent que ces aveux permettront enfin de connaître la vérité sur cette nuit tragique.



