Affaire Bétharram : un deuxième ecclésiastique mis en examen pour viol, il n'avait jamais été entendu
Affaire Bétharram : un deuxième ecclésiastique mis en examen

Affaire Bétharram : un deuxième homme mis en examen pour viol

Un deuxième homme, un ecclésiastique sexagénaire, a été mis en examen pour viol dans le cadre de l'affaire de l'institution Notre-Dame-de-Bétharram, a annoncé ce jeudi le parquet de Pau. Cette mise en examen intervient dans un dossier où près de 250 plaintes ont été déposées par d'anciens élèves de cet établissement privé du Sud-Ouest.

Un suspect qui n'avait "jamais été entendu"

Le procureur de la République de Pau, Rodolphe Jarry, a précisé dans un communiqué que le mis en cause, né en 1963, n'avait "jamais été entendu" jusqu'à présent dans cette procédure judiciaire ouverte il y a deux ans. Le plaignant, né en 1981, a dénoncé un fait de viol survenu à une seule reprise entre 1993 et 1996.

L'ecclésiastique a été placé sous contrôle judiciaire avec des garanties concernant sa représentation ultérieure en justice, alors que le parquet avait requis son placement en détention provisoire. Lors de sa garde à vue, entamée mardi, il a contesté les faits qui lui sont reprochés.

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Une affaire qui s'étale sur un demi-siècle

Cette affaire de violences sexuelles couvre une période de près de cinquante ans. Les anciens élèves victimes ont dénoncé des actes graves incluant :

  • Fellations et masturbations forcées
  • Passages à tabac
  • Humiliations et supplices divers

Les plaintes se sont cependant heurtées à l'écueil des délais de prescription, dont le point de départ commence à la majorité des plaignants et qui durent désormais jusqu'à 30 ans dans les cas de viol.

Un contexte judiciaire complexe

Jusqu'à présent, quinze prêtres (presque tous décédés) et quatre laïcs avaient été mis en cause dans cette affaire. Seules deux plaintes n'étaient pas tombées sous le coup de la prescription, ce qui avait conduit il y a un an à la mise en examen d'un ancien surveillant pour viol et agression sexuelle.

Ce dernier a bénéficié mercredi "d'une ordonnance de refus de prolongation de sa détention provisoire et de placement subséquent sous contrôle judiciaire", selon le parquet, qui a fait appel de cette décision.

La fermeture symbolique de Bétharram

Cette deuxième mise en examen intervient peu après l'annonce de la fermeture du site historique de Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. L'établissement déménagera prochainement dans le village voisin d'Igon, où le groupe scolaire, rebaptisé Beau Rameau en 2009, compte déjà une école, un lycée et un lycée professionnel.

"Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l'Histoire", avait déclaré il y a deux semaines Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique (Fnogec).

Une libération tardive de la parole

Si des violences avaient été dénoncées dès les années 1990, la parole des anciens élèves de cet ensemble scolaire fondé en 1837 à Lestelle-Bétharram ne s'est massivement libérée qu'à partir de l'automne 2023. Cette libération a ouvert la voie à la dénonciation de faits similaires dans d'autres établissements privés à travers le pays.

L'affaire Bétharram continue ainsi de révéler l'ampleur des violences sexuelles au sein d'institutions éducatives, avec des procédures judiciaires qui se heurtent souvent aux limites temporelles de la prescription tout en tentant de faire émerger la vérité sur des décennies d'abus.

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