Delphine Pinto a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises spéciale de l’Oise dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin. Elle a été reconnue coupable d’avoir provoqué le meurtre en bande organisée de son mari, Jean-Christophe Piel, en 2021.
Le déroulement du procès
Jugé à ses côtés, Yassine Zekri a été déclaré coupable d’avoir tué la victime sur commande, d’une balle dans la nuque. Il a également écopé de 30 ans de réclusion criminelle, mais avec une peine de sûreté des deux tiers. Les délibérations ont duré près de cinq heures, et la salle d’audience était encore comble à l’heure du verdict, tombé peu avant minuit.
L’avocat général avait requis, jeudi 11 juin, la perpétuité pour Delphine Pinto et Yassine Zekri, avec une peine de sûreté de 22 ans pour chacun. « Je n’ai rien à voir avec le décès de Jean-Christophe », avait répété d’une toute petite voix Delphine Pinto dans ses dernières déclarations vendredi, avant que la cour ne se retire pour délibérer.
Un meurtre orchestré
Cette femme de 48 ans avait toutefois reconnu, mercredi 10 juin, avoir pu « souhaiter » la mort de son mari, avec qui elle était en instance de divorce, et le faire savoir à son amant. Yassine Zekri a lui aussi clamé, ce vendredi 12 juin, son innocence.
Trois autres personnes étaient jugées à leurs côtés depuis le 29 mai. Un amant de Delphine Pinto a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle, deux ans de moins que les réquisitions, pour avoir sciemment facilité le meurtre. Un autre homme, reconnu coupable d’avoir fourni l’arme du crime et en état de récidive légale, a pris dix ans, soit quatre ans de moins que la demande de l’avocat général.
Poursuivi pour avoir été mis dans la confidence du plan meurtrier, le fils de Delphine Pinto, né d’une précédente union et qui était très influencé par sa mère, a quant à lui été acquitté, alors que l’avocat général avait requis quatre ans ferme à son encontre.
Appels probables
Interrogés par l’AFP, plusieurs avocats des proches de Jean-Christophe Piel ont trouvé ce verdict « juste » et ont fait part de la satisfaction et du soulagement de leurs clients, même si des avocats de la défense envisagent de faire appel.
Les avocats de Delphine Pinto et de Yassine Zekri avaient plaidé, ce vendredi 12 juin, leur acquittement, au vu notamment du manque d’éléments matériels dans ce dossier : pas d’ADN, pas d’arme retrouvée, pas de témoin du meurtre et pas d’aveux.
Le verdict à l’encontre de Mme Pinto est « assez sévère », a réagi Me Arnaud Ledru, l’un de ses deux avocats. Le retrait de son autorité parentale sur ses deux petites filles, qui a été également prononcé par la cour, est « le plus grand des crève-cœur pour elle », a-t-il ajouté.
Des accusations non fondées
Une semaine avant son meurtre, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu par rapport à de lourdes accusations, portées contre lui par sa femme, de violences envers elle et d’agression sexuelle sur l’une de leurs deux petites filles.
Ce kinésithérapeute de 41 ans était également accusé d’agressions sexuelles par deux des trois autres enfants de Delphine Pinto, tous nés d’une précédente relation mais qu’il avait adoptés. Sa mort avait entraîné l’extinction des poursuites dans ce dossier. Selon le parquet, la procédure n’avait alors pas permis d’établir des charges suffisantes.
Durant son procès, Delphine Pinto a aussi reconnu être « mythomane », elle qui se prétendait avocate auprès de gens de son entourage, et qui avait déjà été condamnée par le passé pour des faits d’escroquerie et d’usurpation d’identité. Pour de nombreux témoins entendus ou dont les auditions ont été lues durant le procès, Delphine Pinto était également une femme menaçante et machiavélique.
« Je savais qu’on allait le tuer » s’il la quittait, avait notamment assuré la mère de Jean-Christophe Piel devant la cour la semaine dernière.



