Vaucluse : 25 ans de prison pour une mère après la mort de deux nourrissons au congélateur
25 ans de prison pour une mère après la mort de deux bébés au congélateur

Verdict sévère à la cour d'assises de Vaucluse

La cour d'assises de Vaucluse a rendu un verdict particulièrement lourd vendredi 27 mars, condamnant Aurélie S., 44 ans, à 25 ans de prison. Cette mère de famille a été jugée coupable de la mort de deux de ses nourrissons, nés en 2018 et 2019, retrouvés dans un congélateur. Le tribunal n'a pas retenu l'intention de tuer, mais a sanctionné la privation de soins ayant entraîné la mort sur ses deux bébés.

Une accusée impassible face à la justice

Aurélie S. est restée impassible, bras croisés, à l'annonce de la sentence. La présidente du tribunal, Laurène Dorlhac, lui a reproché son « peu d'empathie » et « trop peu de remise en question après trois ans de détention ». Elle a regretté que ce procès ait apporté « très peu de réponses » sur les circonstances exactes des décès.

Les faits : des bébés placés au congélateur

Durant une semaine d'audience, Aurélie S. a reconnu avoir placé ses bébés au congélateur, mais pas de les avoir tués. Elle a admis que ses nourrissons étaient morts des « conséquences de mes non-actes, de ce que j'ai pas fait ». Le premier bébé, une petite fille prénommée Allia, aurait vécu deux jours avant de mourir, selon l'accusée, après une chute dans l'escalier. Cependant, les expertises ont contredit cette version, les lésions crâniennes n'étant pas compatibles avec ce scénario.

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Pour le second bébé, né en 2019 suite à un déni de grossesse probable, les experts n'ont pu déterminer si la mort était due à un accouchement difficile ou à une absence de soins. Aurélie S. a expliqué avoir placé les corps au congélateur dans la « panique », pour cacher ces décès à ses trois filles aînées, sur lesquelles elle a aussi été reconnue coupable de violences.

Un verdict au-delà des réquisitions

L'avocat général avait requis 18 ans de réclusion, mais la cour a prononcé une peine plus sévère de 25 ans. La magistrate chargée de l'enquête a indiqué qu'aucun élément ne permettait de savoir si les bébés, nés viables et à terme, avaient été placés au congélateur vivants ou morts.

Contexte : d'autres affaires similaires en France

Les cas d'homicides répétés de nouveau-nés ne sont pas rares, souvent liés à une altération du discernement de la mère ou à des dénis de grossesse. Parmi les affaires marquantes :

  • Dominique Cottrez, condamnée en 2015 à neuf ans de prison pour huit infanticides, avec reconnaissance d'une altération du discernement.
  • Véronique Courjault, condamnée en 2009 à huit ans de réclusion pour le meurtre de trois nouveau-nés, dont deux retrouvés congelés en Corée du Sud.
  • Sylvie Horning, condamnée en 2019 à 20 ans pour cinq néonaticides, peine réduite à 14 ans en appel.

Ce verdict souligne la gravité des faits et la difficulté à établir la vérité dans des dossiers où les réponses restent souvent insaisissables.

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