Un collectif révèle 165 cas de violences sur mineurs dans des établissements Lasalliens
Un mois après son appel à témoins, le Collectif des victimes des Lasalliens a annoncé avoir recensé 165 victimes mineures d'agressions sexuelles et physiques au sein de 46 établissements du réseau catholique des Lasalliens. Ces faits, qui s'étalent sur soixante-quinze ans, impliquent des anciens élèves âgés de 5 à 15 ans au moment des événements, dénonçant des viols, tabassages, tortures et actes de barbarie dans un climat de terreur institutionnalisé.
Des violences systémiques sur plusieurs décennies
Créé par d'anciens élèves aujourd'hui âgés de 50 à 78 ans, le collectif avait déjà révélé en février dernier des faits prescrits, attribués à des religieux ou enseignants laïques – pour la plupart décédés – et commis entre les années 1950 et le début des années 1990. Ces agressions ont eu lieu dans des établissements des Frères des écoles chrétiennes, une congrégation qui dirige actuellement 150 établissements privés sous contrat.
Le collectif exige que la congrégation reconnaisse sa responsabilité dans ce qu'il qualifie de violences systémiques et réclame la création d'un fonds de réparation de 100 millions d'euros. Il envisage également une action civile pour obtenir justice.
Des établissements identifiés comme des clusters de violences
Dans un nouveau communiqué, le collectif désigne certains établissements comme des clusters effroyables, notamment :
- Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison
- Saint-Genès à Bordeaux et Talence
- Le Likès à Quimper
- Pic Bézier
- Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, surnommé JB
Ce dernier établissement, qui comprend une école maternelle et élémentaire, un collège, un lycée général et un internat de 140 places, est particulièrement pointé du doigt. Selon le collectif, les témoignages de 27 anciens élèves ont permis d'identifier au moins cinq pédocriminels et une dizaine de bourreaux potentiels. Il estime que plusieurs centaines d'enfants pourraient avoir été victimes de crimes sexuels et plusieurs milliers d'autres de violences physiques et psychologiques.
La réponse de la congrégation des Lasalliens
Interrogée par l'Agence France-Presse, la congrégation a exprimé son regret face à cette campagne médiatique. Son avocat, Matthias Pujos, a souligné que depuis sa création le 1er février 2026, le collectif n'a transmis aucun nom de victime à la cellule d'écoute, ce qui laisse la congrégation circonspecte quant aux objectifs réels du groupe.
Depuis sa mise en place en 2014, cette cellule a enregistré 78 saisines, dont six reçues depuis début février concernant Rouen. Ces plaintes émanent de personnes affirmant avoir été victimes de violences commises par des enseignants ou surveillants laïques, mais pas par des frères. La congrégation indique que 70 dossiers ont déjà donné lieu à une indemnisation, pour un montant total de près de 2,5 millions d'euros, conformément aux recommandations de la Commission reconnaissance et réparation.
Cette affaire met en lumière les défis persistants de la protection des mineurs dans les institutions éducatives et religieuses, soulignant la nécessité de transparence et de responsabilité face à des allégations de violences historiques.



