Les associations organisatrices de colonies de vacances tirent la sonnette d'alarme. Dans un contexte de baisse continue des départs, elles demandent une politique publique nationale ambitieuse pour sauver un secteur essentiel à l'éducation et à la socialisation des enfants. Selon le collectif « Colonies de vacances en danger », le nombre d'enfants partant en colonie a chuté de 30 % en dix ans, passant de 1,2 million à 840 000 départs par an.
Une crise structurelle qui s'aggrave
La crise est multiforme. Les associations pointent du doigt la baisse du pouvoir d'achat des familles, la concurrence des séjours sportifs et linguistiques, mais aussi un déficit d'image. « Les colonies de vacances souffrent d'une image dépassée, alors qu'elles sont plus que jamais un outil d'émancipation et de mixité sociale », explique Marie Durand, présidente de l'Union nationale des associations de jeunesse et d'éducation populaire (UNJEP).
Les coûts ont également augmenté : le prix moyen d'un séjour d'une semaine est passé de 350 à 450 euros en cinq ans, selon l'UNJEP. Cette hausse, combinée à la stagnation des aides publiques, rend les séjours inaccessibles pour de nombreuses familles modestes. Les associations estiment que 200 000 enfants sont aujourd'hui privés de départ pour des raisons financières.
Un appel à l'État pour un plan de relance
Face à cette situation, les associations demandent un plan de relance national. Elles proposent notamment la création d'un « pass colonies » universel, sur le modèle du pass Culture, qui permettrait à chaque enfant de bénéficier d'une aide financière pour un séjour. Ce dispositif coûterait environ 500 millions d'euros par an, selon leurs estimations.
Elles réclament également une revalorisation des aides aux collectivités territoriales, qui financent une grande partie des séjours, et la mise en place d'un label qualité pour rassurer les familles. « Il faut une volonté politique forte. Les colonies de vacances sont un investissement pour l'avenir de notre jeunesse, il est temps d'agir », insiste Marie Durand.
Un enjeu éducatif et social majeur
Les associations rappellent que les colonies de vacances jouent un rôle crucial dans l'apprentissage de la vie collective, l'autonomie et la découverte de l'environnement. Elles sont aussi un outil de lutte contre les inégalités : selon une étude du ministère de l'Éducation nationale, les enfants issus de milieux défavorisés sont trois fois moins nombreux à partir en colonie que les autres.
Le collectif « Colonies de vacances en danger » prévoit de remettre un manifeste au gouvernement à la rentrée, avec des propositions concrètes. Il espère que le sujet sera inscrit à l'agenda du prochain comité interministériel de la jeunesse. En attendant, les associations appellent les familles à inscrire leurs enfants et à soutenir les séjours organisés localement.



