Vacances : le calvaire des mères célibataires face aux congés
Dans une série de témoignages intitulée « Au secours, les vacances arrivent », le Nouvel Obs explore les relations complexes que certains entretiennent avec les périodes de congés. Le quatrième épisode met en lumière le cas poignant de Myriam, une mère célibataire pour qui les vacances sont devenues « les pires moments de l’année ».
Un dilemme cornélien à chaque période de congés
Aide-soignante d’une trentaine d’années, Myriam vit seule avec ses deux jeunes enfants en banlieue parisienne. Chaque fois que les vacances approchent, elle se retrouve confrontée à un choix impossible : rester chez elle, où la solitude peut peser, ou partir à la campagne chez sa mère, où elle anticipe déjà les tensions et conflits familiaux.
« Longtemps, j’ai adoré les vacances », confie-t-elle. « Enfant, on partait chaque été une quinzaine de jours en camping avec mes parents et j’en ai gardé des souvenirs merveilleux. Dès que j’ai été en âge de travailler, j’utilisais une partie de mes sous pour louer un petit appartement dans le Sud avec ma bande de copines. On dormait à trois dans le même lit double, on mangeait des pâtes deux fois par jour, mais on passait nos journées à la plage et on était heureuses. »
La rupture brutale qui a tout changé
Le tournant survient au milieu de sa vingtaine, lorsqu’elle a deux enfants très rapprochés avec un compagnon qui disparaît du jour au lendemain, sans laisser d’adresse, alors que les enfants sont encore à la maternelle. Cette abandon soudain transforme radicalement sa perception des vacances.
« Avec lui, on est peu partis en vacances parce qu’on a eu les enfants très vite et qu’on n’avait pas les moyens », explique Myriam. Désormais seule, elle doit assumer l’entière responsabilité de l’organisation et du financement des congés, une charge qui devient écrasante.
Le poids de la solitude et des attentes sociales
Myriam décrit un sentiment d’isolement accru pendant les vacances, alors que la société promeut l’image de moments de détente et de partage en famille. La pression sociale pour offrir des vacances idylliques à ses enfants s’ajoute à ses difficultés financières et logistiques.
Son témoignage rejoint ceux d’autres personnes interrogées dans cette série, comme Arnaud, journaliste qui assume ne pas aimer les vacances, Virgile, étudiant détaché du concept depuis l’adolescence, ou Louise, incapable de « poser » ses congés. Tous illustrent la diversité des rapports parfois conflictuels que nous entretenons avec ces périodes de rupture.
Un phénomène qui dépasse le cas individuel
Le récit de Myriam met en lumière des problématiques plus larges : la précarité des familles monoparentales, l’impact psychologique de l’abandon, et les inégalités d’accès aux loisirs. Les vacances, souvent présentées comme un moment de ressourcement, peuvent devenir une source d’anxiété et de stress pour ceux qui vivent des situations familiales ou économiques difficiles.
Publié le 1 mars 2026, ce témoignage recueilli par Anna Topaloff offre un regard nuancé sur une institution sociale souvent idéalisée, rappelant que derrière les images de plages ensoleillées et de rires d’enfants se cachent parfois des réalités bien plus sombres et complexes.



