Vuelta : l'influenceuse Erola Jons critiquée pour ses interviews
Vuelta : Erola Jons sous le feu des critiques

La présence de l'influenceuse espagnole Erola Jons sur le Tour d'Espagne suscite une vive polémique. Dès le grand départ donné depuis Monaco, la jeune femme de 29 ans, forte de trois millions d'abonnés sur Instagram, a rejoint l'équipe de créateurs de contenu de la Vuelta. Elle a annoncé présenter la course sur les comptes YouTube, X, Twitch et Facebook lors des 21 étapes. « On va passer par le podium, la zone où se changent les coureurs, j'irai partout », a-t-elle déclaré. Cette liberté totale est au cœur des critiques émises par plusieurs journalistes spécialisés.

Une séquence jugée gênante avec Tadej Pogacar

La polémique s'est notamment cristallisée autour d'une séquence filmée avec le champion du monde slovène Tadej Pogacar. Dans cette vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, Erola Jons interpelle le coureur en ces termes : « Pogachitar, félicitations, pourquoi tu hyperventiles à chaque fois que tu me vois ? » Le Slovène a répondu par un simple « Whaaaat ? », laissant transparaître un certain malaise. Cette interaction a été largement partagée et commentée, beaucoup y voyant une approche déplacée.

L'influenceuse ne s'est pas arrêtée là. Elle a également tenté d'interroger Joshua Tarling, un coureur britannique qui vient de perdre son frère Finlay, décédé dans un accident sur le Tour du Portugal il y a quelques jours. « Je crois qu'il n'aime pas les interviews, encore moins les miennes », a-t-elle assuré, dans des propos rapportés par Marca. « Il me reste 20 étapes pour le conquérir, ne vous en faites pas, je vais le conquérir rapidement », a-t-elle ajouté, une remarque jugée particulièrement maladroite compte tenu du contexte.

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Une « grave erreur » dénoncée par les journalistes

La colère monte parmi les professionnels présents sur cette Vuelta. Laura Meseguer, journaliste à Eurosport, a vivement critiqué la décision des organisateurs de recruter l'influenceuse. « Nous sommes beaucoup de femmes à travailler depuis des années pour augmenter notre espace dans un sport dominé par les hommes pour qu'on soit traité avec respect et qu'on ait les mêmes opportunités que les autres », a-t-elle déclaré. « C'est une grave erreur de recruter quelqu'un qui n'a absolument aucune connaissance dans ce sport et dont le contenu se base sur des commentaires sexistes auxquels les femmes tentent d'échapper depuis des décennies. »

La journaliste a conclu sa charge sur les réseaux sociaux en affirmant : « C'est un manque de respect pour nous, les professionnelles qui travaillent ici et, surtout, pour les cyclistes. Personne ne devrait supporter de se faire traiter comme un objet, ni les femmes, ni les hommes. » Ces propos reflètent un malaise plus large au sein de la rédaction, où plusieurs voix s'élèvent contre ce choix de communication.

Un impact sur l'image de la course

Cette polémique intervient alors que la Vuelta cherche à élargir son audience via les réseaux sociaux. Si l'initiative visait à moderniser l'image de l'épreuve, elle semble avoir produit l'effet inverse. Les critiques se multiplient, notamment sur X (anciennement Twitter), où des extraits des séquences d'Erola Jons sont partagés avec des commentaires négatifs. La question de la place des influenceurs dans le sport professionnel est posée, tout comme celle du respect dû aux athlètes.

Pour l'heure, l'influenceuse continue de produire son contenu pour la Vuelta, forte de ses trois millions d'abonnés. Mais les organisateurs devront répondre aux critiques des journalistes et du public, qui attendent des explications sur ce recrutement. La suite de la course, qui s'étend sur 21 étapes, sera scrutée de près pour voir si des ajustements seront apportés à cette stratégie de communication.

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