Une affaire sordide de séquestration et de dissimulation de décès dans les Vosges
Un signalement pour disparition inquiétante a conduit à la découverte d'une affaire particulièrement sombre impliquant séquestration et dissimulation de décès dans le département des Vosges. Deux frères ont été mis en examen vendredi 6 mars, soupçonnés d'avoir séquestré leur mère et d'avoir dissimulé sa mort pendant plusieurs années, avec la complicité de la compagne de l'un d'eux, à Saint-Michel-sur-Meurthe, une commune proche de Saint-Dié-des-Vosges.
Une disparition signalée par le maire
L'enquête a débuté le 28 janvier dernier, lorsque le maire de ce village d'environ 1 700 habitants a signalé l'absence depuis au moins trois ans d'une habitante, Liliane Coinchelin, née en 1953 et placée sous tutelle. Les deux fils de cette femme, ainsi que la compagne de l'aîné, ont rapidement fourni des explications jugées peu crédibles par les autorités.
Le procureur d'Épinal, Frédéric Nahon, a précisé dans un communiqué : « Ils ont donné des versions peu crédibles sur la disparition, indiquant notamment qu'ils l'avaient vue en début d'année 2026, alors que les témoins entendus indiquaient n'avoir pas vu l'intéressée depuis plusieurs années. »
Une séquestration dans des conditions inhumaines
Le trio a été placé en garde à vue. Le fils aîné, âgé de 45 ans, et sa compagne de 40 ans ont reconnu que Liliane Coinchelin avait été séquestrée au domicile du fils cadet pendant plusieurs mois. Elle était enfermée dans sa chambre, sans soins appropriés et avec peu de nourriture.
« Elle y était privée de liberté derrière une glace sans tain et surveillée en permanence par une caméra reliée aux téléphones de ses deux fils », a indiqué le procureur. Le fils aîné a également affirmé que son frère avait poussé leur mère à plusieurs reprises sur le lit, et que son état de santé s'était gravement dégradé, au point qu'elle ne pesait plus que 30 kg.
Lors de sa dernière audition, l'aîné a avoué avoir vu son frère secouer leur mère, qui est décédée juste après ce geste. Les faits se seraient déroulés entre octobre 2022 et fin janvier 2023, alors que la victime avait un peu moins de 70 ans.
Dissimulation du corps et détournement de fonds
Selon les déclarations du fils aîné, son frère a ensuite entreposé le cadavre de leur mère dans le garage, puis l'a enterré dans un bois. Les deux hommes ont ensuite, de concert, continué à utiliser les comptes de la défunte en laissant croire qu'elle était toujours vivante.
Le procureur Frédéric Nahon a souligné : « Ils ont mis au point une version commune, avec pour objectif de laisser penser que la victime était toujours en vie et de continuer à percevoir ses revenus et de faire fonctionner ses comptes. » De nombreux prêts avaient ainsi été souscrits par les deux fils.
Des accusations graves et une détention provisoire requise
Le plus jeune fils, âgé de 39 ans, a été mis en examen pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort. L'aîné et sa compagne ont été mis en examen pour complicité d'acte de torture et de barbarie ayant entraîné la mort, ainsi que pour séquestration en bande organisée et escroquerie en bande organisée.
Le procureur a ajouté : « Tous trois se sont concertés depuis plusieurs années pour dissimuler la séquestration de la victime, ses conditions inhumaines d'hébergement, les actes subis et son décès. » Ils n'ont pas hésité à réitérer leur version devant les policiers, les commerçants, les voisins et les services chargés de la tutelle, allant jusqu'à affirmer que la victime était encore vivante en janvier 2026.
La détention provisoire des trois mis en examen, inconnus de la justice jusqu'ici, a été requise. L'enquête va se poursuivre pour vérifier les déclarations des accusés et tenter de retrouver le corps de la victime.



