Trois hommes ont été condamnés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Grasse à des peines allant de 18 à 24 mois de prison ferme pour avoir dérobé des montres de luxe à Cannes et Callian (Var), entre avril et juin derniers. Les faits, qui avaient créé un sentiment d'insécurité sur la Côte d'Azur, ont été jugés en comparution immédiate.
Un mode opératoire bien rodé
Le 4 juin dernier, devant l'hôtel Martinez à Cannes, un homme promenait tranquillement avec un ami, portant au poignet une Patek Philippe Nautilus, dont la valeur est estimée à 89 000 euros par le propriétaire. Soudain, une trottinette transportant deux personnes surgit. « J'ai senti quelqu'un agripper mon poignet gauche… Au début, j'ai cru que c'était une blague », a témoigné la victime à la barre. Le passager de la trottinette a subtilisé la montre avec une dextérité déconcertante, puis l'engin a disparu dans les rues étroites de Cannes.
Quelques mois plus tard, une montre de marque Storm a été dérobée à Callian, dans le Var, selon le même mode opératoire. Les caméras de vidéosurveillance de Cannes ont permis d'identifier trois hommes : le conducteur de la trottinette, l'arracheur de montre et un troisième individu, conducteur d'un véhicule dont l'immatriculation a été relevée. Ce dernier a été rapidement identifié.
« Besoin d'argent »
Dans le box des prévenus, trois hommes âgés de 18, 26 et 38 ans ont comparu. Deux d'entre eux ont reconnu les faits dès le début de l'audience, invoquant un besoin d'argent. Le conducteur du véhicule, soupçonné de les avoir attendus pour faciliter leur fuite, a nié toute implication. Les mis en cause ont expliqué se connaître pour avoir travaillé ensemble, notamment en Espagne. La présidente du tribunal, Mariel Dubreuil, a longuement interrogé les prévenus sur leurs relations et leurs méthodes.
Une délinquance itinérante qui inquiète
Le procureur de la République, Anthony Carello, a souligné que ces vols de montres constituent un contentieux qui engorge le parquet. « On est dans le cadre d'une délinquance itinérante, ce sont des gens qui viennent spécialement dans nos contrées, au mode opératoire bien huilé et efficace », a-t-il déclaré. Il a cité les villes où le véhicule incriminé a été repéré : Èze, Villefranche, Cannes. Il a également décrit la trottinette, un engin puissant de 4 500 euros, particulièrement utile pour se faufiler dans les rues de Cannes.
« Ces faits pourrissent la vie de nos Cannois qui ne demandent qu'à vivre en toute tranquillité, a poursuivi le procureur. Finalement, le sentiment d'insécurité va se diffuser sur toute la cité cannoise. » Il a requis des peines de prison allant de 3 à 4 ans d'emprisonnement.
La défense conteste la valeur des montres
Les avocats de la défense ont plaidé l'absence de preuves concernant la valeur de la montre Patek Philippe. « Qu'est-ce qu'on a dans ce dossier ? Rien ! », s'est insurgée maître Aziza Dridi, regrettant l'absence de facture. Maître Laura Curran, pour un autre prévenu, a déclaré : « Aujourd'hui, mon client a pris conscience de ce qu'il a fait, la prison n'est pas une solution pour lui. »
Au final, le tribunal a condamné les trois prévenus à des peines allant de 18 à 24 mois de prison ferme, avec maintien en détention. Cette affaire illustre la recrudescence des vols de montres de luxe sur la Côte d'Azur, un phénomène qui touche particulièrement les touristes et les résidents aisés.



