Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné, le 31 août 2026, deux ressortissants belges et un habitant de Mandelieu à des peines de prison ferme pour une tentative de vol aggravé à la bijouterie « La vie en Or » du centre commercial Auchan à Grasse. Les peines vont de 10 mois à 2 ans de prison, avec mandat de dépôt pour l'un d'eux.
Un casse organisé mais raté
Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août 2026, à 2h37 du matin, quatre individus cagoulés et vêtus de noir ont tenté de s'introduire dans la bijouterie en descendant par le toit à l'aide d'une corde à nœuds, d'une hauteur de 15 mètres. Deux d'entre eux sont descendus, un faisait le guet sur le toit, sous l'œil des caméras de vidéosurveillance et d'une lune gibbeuse décroissante.
Mais dès le premier coup de masse sur les vitrines exposant les bijoux les plus chers, une série d'alarmes s'est déclenchée. Les vitres blindées ont résisté, et les voleurs ont abandonné leur attirail complet et sont remontés à la corde, non sans difficulté.
Des exécutants qui se renvoient la responsabilité
Deux des suspects ont été interpellés à leur sortie par une patrouille de police, tandis que le troisième a été appréhendé le lendemain à son domicile de Mandelieu, après avoir tenté de récupérer du matériel laissé sur place. Franco G., 44 ans, ancien intérimaire au rayon fromagerie de l'enseigne, assure « ce n'est pas moi qui suis le boss, c'est un certain John, un ami à eux deux, moi on m'a seulement demandé de réunir du matériel ».
Taha B., 43 ans, de nationalité belge, et Arbias C., 27 ans, entrepreneur en Belgique, reconnaissent les faits. Le premier affirme être venu « pour aller à la plage et consommer du cannabis », tandis que le second avoue « avoir bêtement suivi le mouvement, criblé par des dettes sociales et fiscales à hauteur de 70 000 euros ». Aucun ne désigne l'organisateur du coup, ce qui irrite et inquiète la présidente du tribunal.
Des peines prononcées
La procureure a déclaré : « même si ce n'est pas le casse du siècle c'est un coup bien organisé », requérant 3 ans de prison ferme pour les deux en détention et 18 mois avec mandat de dépôt pour celui resté libre. Les avocats de la défense, Mes Sandra Russo, Estelle Cassuto-Loyer et Sabrina Zakraoui, ont plaidé : « Ce sont tous des exécutants, il est resté un quatrième voire un cinquième homme invisible, dans les bois à proximité. On leur a vendu un coup facile. Ils ne sont pas à l'initiative de faits qu'ils ont reconnus. »
Finalement, le tribunal a condamné Arbias C. à 10 mois de prison avec mandat de dépôt à la barre, et Taha B. et Franco G. à 2 ans de prison avec maintien en détention.



