Vol du drapeau tricolore au musée de la Résistance de Pau le 8 mai
Vol du drapeau au musée de la Résistance de Pau

Il est de tradition que le musée de la Résistance et de la déportation de Pau arbore un drapeau bleu-blanc-rouge le 8 mai, jour de commémoration de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie en 1945. Cette année, les bénévoles ont constaté le vol du drapeau au petit matin. « Notre drapeau a été dérobé », a déclaré Annie Olazabal, présidente du musée, qui a découvert avec stupeur vendredi 8 mai que le drapeau affiché la veille au soir sur la façade avait disparu.

Un acte symbolique

Annie Olazabal ne doute pas que le drapeau a été volé, probablement dans la nuit. « Je m'en suis aperçue ce matin, quand je suis arrivée, avant de me rendre aux commémorations. J'irai porter plainte demain matin. Pas pour la valeur du drapeau, mais pour le symbole qu'il représente. Il n'y a pas eu de dégradations, pas de graffitis, j'imagine que quelques-uns ont voulu faire les andouilles », a-t-elle expliqué.

Selon elle, le forfait a dû être réalisé par plusieurs individus « ou bien un seul avec une échelle, car le drapeau est placé en hauteur. Même quand je me perche sur un escabeau, je n'arrive pas à l'installer dans son emplacement. En revanche, on peut y arriver avec une personne qui porte l'autre ».

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Une récidive

Désolée par « une nouvelle incivilité », Annie Olazabal ne croit pas que le musée ait été particulièrement visé. « Nous portons plainte parce que c'est un drapeau et que le 8 mai est une date importante. Pour un autre objet, nous n'aurions peut-être pas pris cette peine », a-t-elle ajouté.

Gérard Glacial, ex-président du musée désormais en charge des scolaires, a indiqué qu'il s'agit de la seconde fois qu'un vol de drapeau a lieu au musée. « On ne pavoise la façade que trois fois dans l'année : le 8 mai pour la capitulation de l'Allemagne nazie, le 14 juillet pour la fête nationale et le 11 novembre pour l'armistice de la Première Guerre mondiale. »

Cette réitération d'un vol de l'objet symbolique, au même endroit, fait dire au bénévole « que certains ne doivent pas aimer quand on pavoise pour ces grands événements », ô combien importants pour des structures telles que le musée de la Résistance, qui a accueilli des classes tout au long de la semaine afin de les sensibiliser sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Transmettre la mémoire aux enfants

« On aime bien concerner les enfants, alors je leur propose souvent de chercher chez eux des objets en lien avec cette période, qui ont appartenu à leurs arrière-grands-parents, souvent. Une fois au musée, ils les présentent devant tout le monde. Cela leur permet d'entrer eux-mêmes dans l'histoire. Lundi, on va avoir une classe de CE2, ce qui est rare. Je crois que la récolte a été bonne, car ils vont ramener plein d'objets », a expliqué Gérard Glacial.

La semaine passée, les jeunes de Serres-Castet et Mazerolles ont apporté « beaucoup de lettres de prisonniers de guerre, surtout. Des gars qui avaient été mobilisés parmi les premiers, en octobre 1939, envoyés au niveau de la ligne Maginot. On y trouve des courriers du cœur, des indications sur comment se passait le travail à la maison… Un enfant est venu avec une gamelle qui a connu le front en 39, sur laquelle se trouvaient des inscriptions qu'on a essayé de déchiffrer ». Une bonne manière de capter l'attention des plus jeunes sur des événements de plus en plus lointains, que l'on aurait tôt fait d'oublier, ainsi que les leçons que ces conflits nous ont apportées.

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