Quatre hommes ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Nice à des peines allant de 18 à 24 mois d'emprisonnement ferme, après avoir été interpellés en flagrant délit dans la nuit du 10 au 11 septembre alors qu'ils dérobaient plusieurs centaines de kilos de cuivre dans un local appartenant à Orange, route de Colomars, sur les hauteurs de Nice.
Interpellation en flagrant délit grâce à une balise
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 10 au 11 septembre. Les fonctionnaires de la brigade anticriminalité (BAC) sont intervenus suite au déclenchement d'une balise sur la route de Colomars. Sur place, ils ont découvert trois individus équipés de lampes, de gants et d'une disqueuse, occupés à découper un câble qu'ils venaient d'extraire de sa cavité souterraine. Un quatrième homme a tenté de prendre la fuite en sautant dans un vallon, avant d'être rapidement rattrapé.
Le câble convoité mesurait environ 150 mètres et pesait près de 800 kg. Pour Orange, le préjudice est estimé à 10 000 euros pour ce seul vol. Dans le même secteur, trois autres vols similaires ont été recensés au cours du mois d'août 2026, portant le préjudice total pour l'opérateur à environ 100 000 euros.
Des profils connus de la justice
Les quatre prévenus, âgés de 25 à 38 ans et issus de la communauté des gens du voyage, sont déjà connus de la justice. Trois d'entre eux résident dans le Var, tandis que le quatrième vit en Seine-Saint-Denis. Aucun ne déclarait d'activité professionnelle au moment des faits. Trois des quatre prévenus se trouvaient en état de récidive légale, ayant été condamnés en 2024 pour des faits similaires.
Le procureur Ludovic Manteufel a souligné que cette affaire illustre un phénomène plus large de vols de métaux et de câbles, des infractions « que nous avons du mal à réprimer », notamment en raison du faible nombre de flagrants délits. Il a qualifié les prévenus de « gens organisés qui pourraient travailler sans aucune difficulté mais malheureusement pour eux et pour nous, ils ont choisi la voie de la délinquance ».
Des aveux et des explications
Les quatre hommes ne sont poursuivis que pour deux faits. Leurs téléphones ayant borné à proximité du lieu d'un vol commis le 4 août, ils ont fini par reconnaître leur implication. L'un des mis en cause a expliqué : « Je suis venu en vacances chez mes parents à La Seyne-sur-Mer et nous sommes partis sur un coup de tête voler du cuivre ». Il a ajouté : « Trois d'entre nous ont travaillé dans la fibre, une très belle expérience, et le cuivre, on sait où il est ».
Le butin devait être revendu dans une casse. Une première opération leur aurait rapporté environ 6 000 euros, et ils espéraient obtenir une somme équivalente pour la seconde avant d'être interpellés. La présidente du tribunal, Isabelle Demarbaix-Joando, a rappelé que la valeur du cuivre a doublé en un an.
Jugement et interdictions
Le parquet avait requis trois ans d'emprisonnement à l'encontre des quatre prévenus, avec maintien en détention, ainsi qu'une interdiction de paraître dans les Alpes-Maritimes pendant cinq ans et une interdiction de travailler dans le secteur de la fibre. La défense, menée par Me Christophe Hernandez, avait plaidé pour une peine mixte, avec une obligation d'indemniser la victime et une obligation de travail, estimant que la réponse pénale devait rester « à hauteur de ce qu'est ce dossier ».
Le tribunal a finalement condamné Lazic Dejan à 18 mois d'emprisonnement, tandis que Lazic Dusko et les frères Marinkovic Dusko et Misko ont chacun écopé de 24 mois. Les quatre hommes sont également interdits de paraître dans les Alpes-Maritimes pendant cinq ans.
Une autre équipe interpellée
Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 septembre, peu après cette première interpellation, trois autres individus ont été arrêtés dans le même secteur. Pris sur le fait, ils ont été placés en garde à vue au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice. Selon les premiers éléments de l'enquête, ils avaient ciblé quelque 300 kilos de cuivre. Un lien entre cette équipe et celle jugée récemment « est probable » selon une source proche du dossier.



