Comment les médias racontent-ils les violences masculines ? C'est la question posée lors d'une rencontre du Festival international de journalisme, diffusée en podcast par Le Monde. Des journalistes et des spécialistes ont partagé leurs constats et leurs recommandations pour améliorer le traitement médiatique de ce sujet sensible.
Un traitement médiatique souvent stéréotypé
Les intervenants ont souligné que les violences commises par des hommes sont fréquemment présentées de manière sensationnaliste ou minimisée. « On a tendance à individualiser le problème, à en faire un fait divers, alors qu'il s'agit d'un phénomène de société », a expliqué l'un des participants. Cette approche empêche de comprendre les causes structurelles et de proposer des solutions efficaces.
Les médias ont également tendance à utiliser un vocabulaire qui atténue la responsabilité des auteurs, comme « drame familial » ou « crime passionnel ». Ces termes, selon les experts, contribuent à banaliser la violence et à la dépolitiser.
Des pistes pour un journalisme plus responsable
Pour remédier à ces problèmes, les participants ont proposé plusieurs pistes concrètes. Tout d'abord, il est essentiel de donner la parole aux victimes et de les traiter avec respect, en évitant de les interroger sur leur comportement ou leur tenue. Ensuite, il faut systématiquement contextualiser les faits en rappelant les statistiques et les mécanismes de la violence masculine.
Ils recommandent également de former les journalistes à ces questions, afin qu'ils puissent identifier les biais et adopter une approche plus nuancée. « Il ne s'agit pas de faire du militantisme, mais de faire notre métier avec rigueur et éthique », a insisté un journaliste.
Un enjeu de société majeur
Cette rencontre s'inscrit dans un contexte où les violences faites aux femmes sont de plus en plus médiatisées, notamment après le mouvement #MeToo. Cependant, les intervenants ont rappelé que les violences masculines ne concernent pas seulement les femmes : elles touchent aussi les enfants, les autres hommes, et ont des conséquences sur l'ensemble de la société.
En conclusion, les participants ont appelé à une prise de conscience collective des médias, qui ont un rôle crucial à jouer dans la prévention de ces violences. En changeant leur manière de raconter ces histoires, ils peuvent contribuer à briser le silence et à faire évoluer les mentalités.



