Le 17 juin, vers 3 heures du matin, un homme qui avait passé une soirée très arrosée à regarder les matches de la Coupe du Monde, dont France-Sénégal, a été victime d'un viol alors qu'il s'était assoupi sur un banc de la station de tramway Albert 1er, en plein centre-ville de Montpellier. La scène a été dénoncée par un témoin, la victime ne s'étant rendue compte de rien. L'agresseur, un Montpelliérain de 40 ans travaillant dans l'univers du spectacle, a été incarcéré le 19 juin dernier à l'issue d'une enquête éclair menée par la police.
Les faits
La victime, après une soirée arrosée, rentrait chez elle à pied mais a décidé de s'allonger un moment sur un banc de la station de tramway, pris d'un coup de fatigue. Un moment plus tard, il a été réveillé en sursaut par la police et les pompiers qui se pressaient autour de lui. Il s'est redressé et a constaté que son pantalon était ouvert et qu'il avait le sexe à l'air. Les policiers lui ont expliqué que pendant qu'il dormait, il avait été victime d'un viol de la part d'un inconnu qui avait profité de son état d'inconscience. Le suspect s'était éloigné avant l'arrivée de la patrouille.
L'enquête et l'interpellation
La victime a déposé plainte et on lui a montré les images filmées par les caméras municipales. On y voit un homme s'approcher, dégrafer son pantalon, se mettre à genoux devant le banc et lui faire une fellation. Grâce aux caméras, le suspect a été très vite repéré et interpellé à son domicile. Il venait de passer une soirée chemsex en compagnie d'un homme, choisi via une application de rencontres, et a expliqué avoir consommé beaucoup de GBL et d'alcool pendant leurs relations sexuelles. "J'ai repris mes esprits pendant que je faisais cette fellation", a-t-il expliqué en substance pendant sa garde à vue. Il a également admis avoir "un problème avec sa sexualité" et une addiction à l'alcool et aux stupéfiants.
Audience devant la cour d'appel
Ce mardi 30 juin, devant la cour d'appel de Montpellier, le suspect a demandé sa remise en liberté. "J'ai honte de ce que j'ai fait, je ne pensais pas qu'un jour je serais capable de ce passage à l'acte", a-t-il déclaré. "Je ne me reconnais pas dans ce qui s'est passé, même si je reconnais pleinement que c'est moi." L'homme, qui travaille dans le monde de la culture, a un casier judiciaire vierge et ne détenait aucune pédopornographie dans son téléphone. Il a également raconté aux policiers avoir subi un viol à son adolescence. "Il n'en a parlé à personne jusqu'à présent, il a besoin de parler de cette agression qu'il a subie et de cette agression qu'il a commise. Il sait qu'elle est extrêmement grave. C'est un homme qui est profondément touché par son acte", a argumenté son avocat.
Réaction du parquet
L'avocat général s'est opposé à toute remise en liberté, invoquant "un risque majeur de renouvellement des faits". "Ce serait à la victime de dégager pour ne pas rencontrer celui-ci, qui doit retrouver sa petite vie pépère et ses addictions à la drogue et au sexe ?", s'est indigné le magistrat. La décision sera rendue le 7 juillet.



