Viol présumé à la caserne de Beaucaire : une pompier dénonce un climat malsain et l'omerta
Viol à la caserne de Beaucaire : une pompier brise le silence

Viol présumé à la caserne de Beaucaire : une pompier dénonce un climat malsain et l'omerta

Après les révélations de Midi Libre sur une enquête pour viol en réunion impliquant des sapeurs-pompiers volontaires de la caserne de Beaucaire, la victime présumée a rompu le silence. Sophie*, mise en indisponibilité depuis les faits, livre un témoignage accablant sur une ambiance toxique et dangereuse au sein de cette base.

Un rêve devenu cauchemar

"Ça a toujours été mon rêve d'être pompier, finalement c'est la pire chose qui me soit arrivée", confie Sophie. Elle évoque l'affaire de viol en réunion mettant en cause quatre collègues, comparant son expérience à celle du chaperon rouge face à plusieurs loups. Si elle ne souhaite pas revenir sur les détails de l'épisode, elle condamne fermement le silence étouffant qui a entouré cette affaire.

Des années d'impunité et de dérives

Pour elle, ces faits graves sont le résultat d'années d'impunité totale envers certains hommes. "Ce n'est pas arrivé du jour au lendemain. On a laissé faire ces dérives, et avec l'effet de groupe, ils sont arrivés à une telle aisance, une telle puissance. On a fait de cette caserne un cocktail molotov", assure-t-elle. Les comportements problématiques étaient bien connus de tous, notamment des femmes, qui redoutaient certaines équipes lors des gardes.

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Les hommes n'étaient pas épargnés non plus : Sophie raconte des épisodes de violences physiques et psychologiques, comme un jeune pris à partie par plusieurs collègues qui ont tenté de lui raser la tête et les sourcils, ou un seau d'eau jeté sur une supérieure hiérarchique féminine, acte couvert par la complicité générale.

Briser l'omerta et inverser la tendance

Après son dépôt de plainte, Sophie prend la parole pour faire évoluer les choses et briser cette omerta. "Il aurait fallu qu'on les reprenne bien avant. Mais rien n'a été fait. Personne n'a réagi, et ça a créé une complicité malsaine", déplore-t-elle. Refusant de quitter la caserne, elle s'est mise en indisponibilité, affirmant : "Je ne veux pas que ce soit moi qui bouge. Je veux inverser cette tendance, celle où on fait partir les victimes".

Elle s'inquiète également des conséquences pour les jeunes recrues, soulignant que de tels comportements peuvent représenter un réel danger selon les casernes. Son témoignage vise à alerter sur la nécessité de changements profonds dans la culture interne des services de secours.

(*) Le prénom a été modifié pour préserver l'anonymat de la victime.

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