« Il avait l’air d’avoir le cœur sur la main » : c’est ainsi que des voisins décrivent Joël Barella, septuagénaire dont l’enquête pour agression sexuelle a été rouverte par le parquet de Béziers ce mercredi 10 juin. Alors que son fils Jérôme est le principal suspect du meurtre de la petite Lyhanna, Joël Barella fait l’objet de deux procédures pour des accusations d’agressions sexuelles et de viols de la part de deux mineures de son entourage. Midi Libre est parti sur ses traces à Vias-Plage, où il a longtemps vécu.
Un voisinage sous le choc
Sur la place du 14-Juillet de Vias, les touristes profitent des terrasses. Mais depuis le matin, une rumeur court : Joël Barella habiterait la commune. « Ce matin, tout le monde m’en a parlé, mais personne ne sait vraiment s’il est là », confie une serveuse. À la mairie, on assure qu’aucun élu ne le connaît. Pourtant, Midi Libre a retrouvé sa propriété, près d’un camping, à l’ouest de Vias-Plage. Une boîte aux lettres porte son nom.
Une voisine, stupéfaite d’apprendre que son voisin est le père du suspect, déclare : « Quand on le voit, il est gentil, agréable. On n’a jamais eu de problèmes avec lui. Il n’a pas l’air si méchant que ça, il avait l’air d’avoir le cœur sur la main. » Elle était au courant des accusations portées par ses petites-filles par alliance : « Ça nous avait un peu étonnés à l’époque. »
Un départ après le divorce
Selon un autre voisin, Joël Barella ne vit plus ici depuis son divorce, il y a quelques années. Son ex-femme a vendu la maison récemment. « C’était avant-hier ! s’exclame-t-il. Il n’était pas du tout préoccupé par son fils… C’est vous qui me l’apprenez. Ça m’assoit, c’est vraiment un truc de dingue. » Une habitante ajoute : « On ne connaît pas nos voisins… On a des enfants, c’est terrible ce qui est arrivé à cette petite Lyanna. »
Les accusations et la réouverture de l’enquête
Joël Barella est accusé de viol et d’inceste entre 2010 et 2013 par l’une des jeunes filles, mais avait bénéficié d’un non-lieu. Le procureur Faugère a annoncé mercredi la réouverture d’une enquête pour agression sexuelle concernant une autre petite-fille par alliance, en 2018. Cette plainte avait d’abord été classée sans suite.
La jeune femme a témoigné : « J’étais en vacances chez ma grand-mère et Joël. Je dormais dans une caravane, j’avais peur du noir. Une nuit, il s’est glissé dans mon lit et se frottait à moi. Il a fait pareil dans la piscine. »
Que signifie cette réouverture ?
Une source judiciaire explique : « Les gendarmes vont entendre à nouveau les proches. Peut-être que la victime a grandi et pourra mieux verbaliser. Des proches peuvent changer de version. Mais c’est surtout le politique qui dicte cette réouverture. » Un habitué des affaires judiciaires ajoute : « Le but est de montrer patte blanche. Mais s’il y a eu des dysfonctionnements, ça peut se retourner contre eux. » L’enquête a été confiée à la cellule de protection des mineurs de la compagnie de gendarmerie de Pézenas.
Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie.



