Urgences psychiatriques en Ile-de-France : la contrôleure dénonce des dérives
Urgences psy : dérives dénoncées en Ile-de-France

La contrôleure générale des lieux de privation de liberté a publié jeudi un rapport accablant sur la prise en charge des urgences psychiatriques dans plusieurs hôpitaux d'Ile-de-France. Ses services ont effectué des visites du 6 au 10 juillet dans les services d'urgences de plusieurs établissements, notamment de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) – hôpitaux Cochin, Robert-Debré, Necker, Pitié-Salpêtrière –, de l'hôpital Sainte-Anne (GHU Paris psychiatrie et neurosciences), ainsi que dans des hôpitaux de la petite couronne, comme Delafontaine à Saint-Denis et Henri-Mondor à Créteil.

Des manquements aux droits fondamentaux

Les équipes de contrôle ont constaté un manque de personnel et de moyens incompatible avec le respect des « droits fondamentaux » des patients. Le texte publié au Journal officiel détaille des « attentes prolongées dans des conditions indignes », des « rétentions arbitraires » et des « contentions sans cadre légal ». Ces dysfonctionnements graves touchent directement la dignité et la sécurité des personnes prises en charge.

Le nombre de lits d'hospitalisation en psychiatrie est jugé inadapté aux besoins croissants, et la situation se dégrade. Au premier semestre 2026 en Ile-de-France, 3 957 patients à orientation psychiatrique ont subi une attente « prolongée » aux urgences, soit une hausse de 31,8 % par rapport à 2025. La durée moyenne d'attente dépassait 39 heures au deuxième trimestre, contre 29 heures début 2025.

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Des patients dans des conditions indignes

Dans certains services visités, une dizaine de patients attendent chaque jour, avec un maximum rapporté de 27. Certains peuvent rester jusqu'à une dizaine de jours. Aux urgences psychiatriques de Sainte-Anne, 60 % des patients attendent « plus de 13 heures », et 20 % « plus de 48 heures ». Les locaux ne garantissent ni la « dignité » ni « l'intimité » des malades : des patients sont installés sur des « chaises inconfortables » ou des brancards dans les couloirs, et certains sont même contraints de s'allonger sur le sol la nuit, dans « le bruit » et sous un éclairage « intense ». L'accès à l'hygiène est « limité ».

La contrôleure pointe également des « renoncements aux soins » et des « ruptures de prises en charge ». Elle appelle à trouver « très rapidement » des « solutions organisationnelles, bâtimentaires, capacitaires et de ressources humaines » pour remédier à cette situation critique.

Rétentions arbitraires et contentions illégales

Le rapport dénonce en outre des patients devant être hospitalisés sans consentement qui sont retenus « arbitrairement », les procédures légales n'étant pas respectées. D'autres font l'objet de mesures d'isolement ou de contention « sans cadre légal ». La contrôleure appelle à instaurer « une politique d'établissement sur les alternatives » aux mesures coercitives, à proscrire les isolements et contentions non encadrés, et à former les personnels.

Enfin, de nombreux mineurs sont hospitalisés avec des adultes faute de pédopsychiatres, critique-t-elle. Elle réclame pour eux « un statut légal » et un « plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie ». Ces recommandations visent à répondre à une situation d'urgence qui ne cesse de se dégrader, alors que les besoins en soins psychiatriques augmentent constamment en région parisienne.

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