« C'est cher payé pour une porte cassée ! », s'exclame le trentenaire à l'énoncé de sa sentence, ce mardi 26 mai. L'homme né à Oloron vient d'écoper de trois ans de prison, de l'interdiction de séjour dans les Pyrénées-Atlantiques pour la même durée et de l'interdiction de port d'armes durant cinq ans. Interpellé le 21 mai à Royan, il était recherché depuis le 21 janvier dans le cadre de l'agression nocturne d'une Paloise de 90 ans à son domicile où son ADN a été identifié. Le second malfrat n'a pas été identifié.
Les faits : une agression violente en pleine nuit
Il est 2 h 50 lorsque le SDF et un comparse enfoncent la porte de cet appartement de la rue Carnot, à Pau. La résidente est évidemment au lit où elle sera contrainte, un tissu sur la bouche, durant près de 45 minutes selon son récit. Son agresseur lui hurle dessus pour savoir où sont ses bijoux, l'or, son argent. Si la malheureuse se débat ou crie, l'agresseur la menace d'un coup de couteau.
Le logement mis à sac
« J'ai cru qu'il allait me tuer », raconte la victime dans ses dépositions à la police. Depuis la nonagénaire vit chez sa fille et son gendre, terrorisée. Elle n'a pas été blessée mais le traumatisme est tel qu'elle est incapable de regagner le domicile qu'elle occupait depuis 60 ans. « Je fais toujours des cauchemars chaque nuit et je me réveille en sursaut. J'ai peur de rester seule », poursuit-elle. Sa famille recherche désormais un Ehpad où la loger.
Tandis que l'agresseur maintient fermement la résidente, son complice fouille l'appartement de fond en comble. Une « mise à sac » qualifiera Béatrice Bioux, du ministère public. Même la cheminée est fouillée. Mais à entendre le prévenu, il n'a ni agressé la malheureuse, ni passer son logement au peigne fin. « J'ai juste assisté à tout ça pétrifié. Je voulais juste dormir au chaud », tente-t-il de faire croire au tribunal.
Le prévenu : un SDF au lourd casier judiciaire
Selon son récit, le SDF aurait suivi un inconnu tout juste rencontré et qui lui promettait une nuit bien au chaud dans un squat. Il reconnaît avoir défoncé la porte, mais c'est tout. Il prend tout de même soin d'enfiler une paire de gants en latex « que j'ai trouvé là », dit-il. Il en laissera un sur place avec son ADN. De son compagnon d'infortune, il ne se souvient que de l'accent maghrébin et de sa grande taille. Pas de chance, la victime assure que celui qui a contraint sa bouche durant près d'une heure n'avait pas d'accent.
22 condamnations au casier
Deux jours avant, le prévenu s'est rendu coupable de l'usage de cannabis et d'un vol de sac, trouvés dans une voiture où il comptait passer la nuit. Puis, malgré l'état de sidération qu'il prétend après cette nuit d'agression, le trentenaire toujours sous l'empire de l'alcool - de jour comme de nuit - dérobe une doudoune avec un portefeuille à proximité de la discothèque Le Connemara. « Elle était là abandonnée », raconte-t-il. Son propriétaire l'avait posée au sol pour en découdre avec un tiers.
L'homme - avec déjà 22 condamnations à son casier judiciaire depuis 2015, pour des faits de vol, violence ou usage de stupéfiant - était jugé ce mardi pour l'ensemble de ces faits et un vol en réunion de deux roues de vélo, pour lequel il a été relaxé. Pour le reste, le parquet avait requis cinq ans de prison ferme. Son avocate, Me Patricia Cocrelle a enjoint le tribunal à plus de mesure, soulignant les effets de l'errance et l'addiction à l'alcool du prévenu. « Dans cette vie d'errance, il rencontre tous les jours de nouvelles personnes et souvent des mauvaises », tente-t-elle pour relativiser. Et de solliciter un suivi judiciaire avec une injonction de soins pour l'addiction de son client. Elle ne les obtiendra pas.



