Les électeurs de Trignac, commune d'environ 8 000 habitants au nord de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), sont appelés à élire leur maire pour la deuxième fois de l'année le 27 septembre. Cette situation inédite fait suite à l'annulation du scrutin du 15 mars par le tribunal administratif de Nantes, qui a invalidé les résultats en raison d'un problème de format des bulletins de vote.
Une annulation due à des bulletins au mauvais format
Le 5 juin, le tribunal administratif de Nantes a annulé les opérations électorales du 15 mars. Ce jour-là, le maire sortant Claude Aufort avait été déclaré vainqueur avec 100 voix d'avance sur son adversaire Gilbert Lemestre. Mais la liste de ce dernier a déposé un recours, invoquant une irrégularité dans le format des bulletins.
Selon le Code électoral, les bulletins de la liste du maire sortant auraient dû être imprimés au format A5, comme ceux de son adversaire, et non au format A4. Gilbert Lemestre explique : « Nous n'avions pas forcément prévu de saisir la justice, mais les Trignacais ont commencé à nous solliciter. On nous informait que certains s'étaient amusés à compter les voix avant même le dépouillement car l'épaisseur des enveloppes était très différente en fonction de la liste choisie. »
Une décision comprise mais critiquée
Dans la petite ville, la décision du tribunal est globalement acceptée, même si certains habitants s'interrogent. Solange, 73 ans, habitante depuis plus de vingt ans, déclare : « Pourquoi la taille des bulletins n'a pas été soulignée plus tôt ? » Elle précise qu'elle ira voter : « J'y tiens, on ne nous demande pas la mer à boire ! Mais il faut avouer que le problème aurait pu être évité. »
Au café Le Colvert, à une centaine de mètres de la mairie, le sujet est au centre des discussions. Olivier, le gérant, dont « le vote ne changera pas », estime que « cette élection est beaucoup plus commentée que la première » et décrit des Trignacais « plus impliqués ». En revanche, Sophie, habitante depuis une dizaine d'années, hésite : « Je ne suis vraiment pas sûre de faire le déplacement. Entre les municipales, la présidentielle, les législatives… On est vite lassé. »
Un défi contre l'abstention
Lors du scrutin de mars, le taux d'abstention avait atteint 50,25 %. Claude Aufort craint que cette deuxième élection passe inaperçue : « Le risque, c'est que cette deuxième élection soit totalement invisible, tout le défi pour nous est de rappeler qu'il y a de nouveau des élections municipales alors même que la présidentielle de 2027 commence à prendre de l'ampleur. »
Son concurrent Gilbert Lemestre partage cette inquiétude : « Notre premier ennemi, c'est l'abstention. » Il reste toutefois optimiste : « Il ne faut pas oublier que les habitants se préoccupent avant tout de leur cadre de vie proche, je pense que beaucoup sont davantage tournés vers les municipales que vers la présidentielle. »
Depuis le 5 juin, le maire sortant a été remplacé par une délégation spéciale. Celle-ci a indiqué que 116 nouveaux votants se sont inscrits sur les listes électorales depuis le début de la période estivale, un signe d'implication qui pourrait influencer le résultat. Les Trignacais sont attendus aux urnes le 27 septembre.



