Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Toulon a condamné un jeune homme de 18 ans à deux ans de prison pour des violences et menaces à bord d’un bus en début de semaine. À l’annonce du délibéré, son père présent dans le public a traité les juges de racistes, ce qui a mené à son interpellation.
Un contrôle de routine qui dégénère
Il est 8 h 25, lundi 8 juin 2026 à Toulon. Le bus est, comme tous les jours, « bondé » d’enfants et de personnes se rendant au travail. Ce qui ne devait être qu’un trajet ordinaire a pourtant brutalement basculé dans la violence. Deux contrôleurs du Réseau Mistral entrent dans le bus pour effectuer un contrôle routinier. C’est au tour d’un jeune garçon, Yaniss T., tout juste majeur, de donner son ticket. Un contrôle qu’il perçoit visiblement comme une injustice puisqu’il se braque aussitôt : « Pourquoi moi et pas les autres ? », aurait-il demandé aux contrôleurs. Yaniss T. s’est empressé d’injurier et menacer ces derniers, allant même jusqu’à leur cracher dessus. Les deux agents ont donc menacé l’agresseur de contacter la police, menace à laquelle Yaniss T. aurait répondu par une nouvelle provocation : « La police va arriver ? Qu’est-ce que tu veux qu’ils fassent ? « Je sors de prison pour tentative de meurtre, je crains dégun ».
Un lourd passé judiciaire
Libre depuis seulement un mois, le jeune adulte n’en est en effet pas à son premier écart. Extorsion par violence, destruction de bien d’autrui par moyen dangereux, mandat de dépôt pour trafic de stupéfiant, en tout, ce sont sept condamnations qui ont déjà été prononcées à son encontre, toutes en tant que mineur.
« Si je te retrouve je t’égorge »
Face à une situation qui s’envenime, les passagers s’agacent. C’est à ce titre que Camille P. a partagé son mécontentement : « J’ai dit qu’à cause de lui, on allait tous arriver en retard au travail. » Une remarque qui n’a apparemment pas plu à Yaniss T. qui s’en est aussitôt pris verbalement à la jeune femme, avant de lui cracher en plein visage : « Si je te retrouve je t’égorge, ramène ton mari ». S’il reconnaît avoir insulté et craché sur les contrôleurs, il nie avoir voulu s’en prendre à elle, soutenant avoir « une mère et deux petites sœurs » : « Les femmes, jamais j’y touche. Je voulais atteindre sur le contrôleur, ça a atterri sur elle. »
Si les deux agents n’étaient pas présents à l’audience, la plaignante, quant à elle, a souhaité témoigner. « Il s’est énervé alors que tout le monde a été contrôlé », explique-t-elle. À la barre, elle ne cache pas son effroi : « S’il me retrouve, je vais me faire planter. Je suis née à La Seyne-sur-Mer, j’ai grandi dans un quartier, c’est la première fois en 27 ans qu’il m’arrive quelque chose comme ça. » Avec émotion, elle mentionne faire face à un état post-traumatique depuis ce jour, l’empêchant de dormir convenablement la nuit. Les avocates des parties civiles, Mes Fabienne Merlin Labre et Charlotte Barriol, déplorent « des violences et menaces purement gratuites ».
Le père du prévenu repart menottes aux poignets
« Que s’est-il passé dans votre vie pour qu’à chaque situation de stress, vous réagissiez ainsi ? » interroge la procureure Sandra Fargetas au cours des débats. Yaniss T. dira avoir « surréagit » face à un « enchaînement de situations ». Me Odile Simonin, en défense, reconnaît le « comportement pathologique » de son client, qui a « a un véritable problème de gestion de la colère ». Elle assure néanmoins qu’il « s’est mis au travail » depuis ses précédentes condamnations. Mais cela ne suffira pas. Le jeune homme, condamné à deux ans de prison dont 18 mois ferme, retourne en prison.
Juste après l’annonce de la condamnation de son fils, son père a laissé sa détresse déborder, quittant la salle en criant « Vous êtes des racistes ! ». Face à ce comportement, la présidente Marie-Laure Arnouil a immédiatement ordonné le rappel de l’individu à la barre. L’homme a finalement été arrêté, avant de rejoindre son fils dans les geôles, menottes aux poignets. Ce qui devait être la clôture du dossier a dégénéré en véritable incident d’audience.



