The Devil's Playground : une série choc sur la pédocriminalité dans l'Église australienne
The Devil's Playground : plongée dans les abus sexuels de l'Église

La série The Devil's Playground, diffusée sur Arte TV, plonge les spectateurs dans une affaire de pédocriminalité au sein de l'Église catholique australienne. Créée par Fred Schepisi, cette œuvre en six épisodes fait suite à son film éponyme de 1976, mais se déroule en 1988, soit 35 ans après les événements du long métrage.

Une enquête psychiatrique au cœur du scandale

L'histoire suit Tom Allen, incarné par Simon Burke, qui reprend son rôle du film original. Devenu psychiatre respecté et récemment veuf, il est appelé par l'Église après la mort suspecte d'un jeune garçon, Peter, enfant de chœur retrouvé sans vie. Son ami Elliot, qui a découvert le corps, croit à un meurtre, contrairement à la police et au clergé qui concluent à un suicide. Allen accepte de mener sa propre enquête, suspectant des abus sexuels.

« Nous prenons ce sujet très au sérieux, mais il nous faut des preuves et vous n'en avez pas. Vous savez que les gens peuvent affabuler, inventer des choses ou mal les interpréter », lance un ecclésiastique haut placé à Tom Allen. Le psychiatre rétorque : « alors je vais mener ma propre enquête ». Cette réplique résume le conflit central entre la quête de vérité et le déni institutionnel.

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Les mécanismes du silence et de la complicité

La série dévoile progressivement un système de secret, où cohabitent la réalité des actes d'un aumônier pédophile, le déni de ses pairs et celui de certaines familles. Des parents refusent de voir la vérité : « Ce prêtre était adoré par mon fils et par tous les enfants de chœur », justifie une mère, préférant ne pas savoir. Les enfants victimes sont traités de menteurs.

The Devil's Playground aborde avec nuance des thèmes sensibles : les mensonges institutionnels, le pardon, et l'idée qu'un prêtre coupable pourrait être absous par la confession. Un personnage affirme même : « ces enfants sont aussi en tort que ces prêtres ». La série évoque aussi la crainte que ces affaires ne remontent jusqu'au Vatican et le refus des autorités australiennes d'en entendre parler.

Le point de vue des victimes et une actualité troublante

L'une des forces de la série est de donner la parole aux victimes, notamment à travers le personnage d'Elliot, interprété par Jarin Towney. Ses silences répétés sont autant d'appels au secours difficiles à décrypter.

Bien que datant de 2014, la série reste d'une actualité brûlante. Selon le rapport d'une commission pontificale créée par le pape François en 2014 et publié fin 2025, il persiste au sein de l'Église une « résistance culturelle » freinant la lutte contre les violences dans de nombreux diocèses, ainsi que « de grandes disparités » entre les régions. Les affaires de pédocriminalité ont eu ces dernières années l'effet d'une lame de fond, rendant cette série toujours aussi pertinente.

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