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Sous la menace d'un couteau, un homme de 34 ans a séquestré sa voisine pendant plusieurs heures à Nice. Jugé irresponsable par un expert psychiatre, il a finalement été placé en détention provisoire. Le tribunal a ordonné une contre-expertise.
Des faits d'une violence inouïe
La victime a éclaté en sanglots lorsque le mis en cause est apparu dans le box. Entre eux, les relations n'avaient jamais dépassé les traditionnels « bonjour » et « au revoir » échangés dans les parties communes de leur immeuble situé rue du Dr Pierre Richelmi à Nice. Le 20 avril dernier, tout a basculé. Alors qu'elle quittait son appartement, la jeune femme a été agressée par cet homme. Il l'a saisie, lui a plaqué une main sur la bouche et, dans l'autre, tenait un couteau. Malgré ses tentatives pour se dégager, il l'a traînée par les cheveux jusqu'à son logement avant de la contraindre à regagner le sien. Pendant plus de deux heures, il l'a menacée de la tuer et de se suicider ensuite. Finalement, elle a réussi à s'enfuir et a trouvé refuge dans un commerce du quartier. Pendant ce temps, son agresseur, planté sur le balcon, menaçait de se jeter dans le vide.
Hospitalisation d'office et expertise psychiatrique
Rapidement interpellé, l'homme a été placé en garde à vue. Une première expertise psychiatrique a conduit à son hospitalisation d'office à l'hôpital Sainte-Marie de Nice. Il y est resté près de deux mois dans une unité fermée. À sa sortie, le 17 juin 2026, un expert psychiatre a été à nouveau désigné. Dans son rapport, il a conclu à une abolition du discernement. Le psychiatre a indiqué que le trentenaire, marié et père d'un garçon de six ans, souffre depuis 2012 d'un trouble bipolaire et se trouvait, au moment des faits, en rupture de traitement et en pleine phase de décompensation.
Une telle conclusion aurait pu conduire à sa remise en liberté après l'audience de ce jeudi 18 juin, mais sous réserve de plusieurs mesures de sûreté, comme une obligation de soins et une interdiction d'entrer en contact avec la victime.
Le conseil de la plaignante réclame une contre-expertise
Le conseil de la plaignante, Me Léa Demonchy, a réclamé une contre-expertise, estimant que plusieurs éléments tendent à démontrer que l'individu avait pleine conscience de ce qu'il faisait. « Il lui a pris son téléphone et sa montre connectée », a-t-elle soutenu. Le ministère public a reconnu la particulière gravité des faits, commis en état de récidive légale, tout en se montrant réservé quant à une remise en cause des conclusions de l'expert. « Je suis embêtée », a concédé la procureure Noémie Orihuela. En défense, Me Lorraine Vitte n'en a pas vu l'utilité. « À part un trouble psychiatrique, j'ai du mal à expliquer pourquoi mon client aurait fait cela », a-t-elle plaidé.
Décision du tribunal : contre-expertise et détention provisoire
Le tribunal correctionnel de Nice, présidé par Isabelle Demarbaix-Joando, a finalement décidé d'ordonner une contre-expertise psychiatrique. Dans l'attente de sa prochaine comparution, prévue le 19 août, le prévenu a été placé en détention provisoire.
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