Des squatteurs sèment la terreur dans une résidence niçoise
Depuis plusieurs semaines, une vingtaine de personnes occupent illégalement des studios dans un immeuble situé au 4 bis rue Saint-Philippe, à deux pas de la Promenade des Anglais à Nice. Les résidents, inquiets, dénoncent des dégradations et un climat d'insécurité grandissant.
À l'entrée, un grand portail vert grand ouvert laisse voir une allée jonchée de poubelles et de déchets. Les boîtes aux lettres sont toutes cassées. « On suppose que ce sont les squatteurs qui ont fait ça, pour cacher de la drogue », témoigne un résident. Les parties communes sont sales, les murs tagués, et une odeur de crasse imprègne les lieux.
Une première expulsion en octobre dernier
L'immeuble avait déjà été évacué en octobre par la précédente municipalité pour des raisons de sécurité. Depuis, les résidents ont réintégré leurs logements, mais cinq studios restent occupés par une vingtaine de squatteurs. « Depuis décembre, la situation s'est dégradée. Ils ont forcé des portes, découpé des murs à la disqueuse pour accéder à d'autres appartements vides, et jettent leurs excréments par les fenêtres », déplore Jocelyne, propriétaire et membre du conseil syndical.
Une vingtaine de propriétaires ont déposé plainte en ligne et alerté la mairie. Le conseil syndical a également écrit au préfet des Alpes-Maritimes. La préfecture indique avoir été saisie par un propriétaire le 25 février et avoir procédé à l'expulsion le 24 mars, avec pose d'une porte anti-squat. Mais les occupants semblent être revenus.
Des mesures insuffisantes
Aline, une autre propriétaire, a fait poser une porte blindée à 16 points pour sécuriser son studio. « Je vais aussi installer une caméra dans le judas, mais ça me dépasse que ni la mairie ni l'État ne les mettent dehors », s'indigne-t-elle. La Ville a prévu une visite du syndic avec la police municipale, mais les propriétaires des studios squattés restent injoignables.
Après l'expulsion d'octobre, le syndic devait sécuriser l'entrée et la police municipale effectuer des rondes. Le remplacement du portail cassé est prévu en septembre, mais il est retardé car il sert d'issue de secours au High Club, une discothèque voisine. En attendant, les résidents vivent dans la peur. « Ils hurlent, se battent, font du bruit la nuit… personne n'ose plus rien leur dire », confie une locataire.



