Sophia Aram : une messe pour Pétain, vraiment ?
Sophia Aram : une messe pour Pétain, vraiment ?

L'humoriste et chroniqueuse Sophia Aram s'est insurgée contre l'organisation d'une messe en hommage au maréchal Philippe Pétain, prévue le 14 juillet 2025 à Paris. Dans une chronique diffusée sur France Inter, elle a dénoncé ce qu'elle considère comme une tentative de réhabilitation du chef de l'État français de Vichy, condamné pour collaboration après la Seconde Guerre mondiale.

Une messe controversée

La messe, annoncée par l'association Le Souvenir français, doit avoir lieu en l'église Saint-Louis-des-Invalides. Elle vise à commémorer le 80e anniversaire de la mort de Pétain, survenu le 23 juillet 1951. Selon l'association, il s'agit d'un hommage religieux à « un soldat de la Grande Guerre » et non d'une prise de position politique. Mais Sophia Aram y voit une « opération de blanchiment » historique.

« On ne peut pas séparer le soldat de Verdun du chef de l'État qui a livré les Juifs de France aux nazis », a-t-elle déclaré, citant les lois antisémites de 1940 et 1941 et la rafle du Vel' d'Hiv' de juillet 1942. Elle rappelle que Pétain a été reconnu coupable de haute trahison et condamné à mort en 1945, peine commuée en détention à perpétuité par le général de Gaulle.

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Une réaction politique

La chronique de Sophia Aram a suscité des réactions contrastées. Plusieurs associations de résistants et de déportés, comme l'Union des déportés d'Auschwitz, ont exprimé leur « indignation » face à cette messe. « C'est une insulte à la mémoire des 76 000 Juifs déportés de France sous le régime de Vichy », a écrit leur président dans un communiqué.

À l'inverse, des voix d'extrême droite ont défendu l'initiative, estimant que Pétain « a sauvé la France » en signant l'armistice de 1940. Le président du Souvenir français, Serge Barcellini, a précisé que la messe était « un acte religieux, pas politique », et qu'elle serait célébrée « dans le respect des défunts ».

Un débat qui divise

Ce n'est pas la première fois qu'une commémoration de Pétain provoque des tensions. En 2021, une messe similaire à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, avait déjà été critiquée par des historiens et des associations. Sophia Aram rappelle que « le devoir de mémoire n'est pas un choix, c'est une obligation ». Elle conclut : « Tant qu'on n'aura pas regardé en face ce qu'a été Vichy, on continuera à célébrer des bourreaux sous couvert de religion. »

La messe du 14 juillet 2025 est maintenue, mais elle pourrait être déplacée ou encadrée par des mesures de sécurité renforcées, selon les autorités ecclésiastiques. Le débat sur la place de Pétain dans l'histoire de France reste ouvert, plus de 80 ans après la Libération.

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