Le chef de la junte birmane, le général Min Aung Hlaing, est arrivé à Moscou le jeudi 20 août 2026 pour une visite officielle de plusieurs jours, destinée à consolider l'alliance stratégique entre la Birmanie et la Russie. Cette visite intervient alors que la Birmanie est de plus en plus isolée diplomatiquement depuis le coup d'État de février 2021, et que la Russie cherche à renforcer ses partenariats en Asie.
Une alliance militaire renforcée
Selon des sources officielles birmanes, Min Aung Hlaing doit s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine pour discuter de la coopération militaire et de la fourniture d'armements. La Russie est l'un des principaux fournisseurs d'armes de la Birmanie, et les deux pays ont intensifié leurs échanges depuis le putsch. En 2023, la Russie a livré à la Birmanie des chasseurs Su-30 et des systèmes de défense antiaérienne, selon des données de l'ONU.
La visite vise également à signer des accords économiques, notamment dans le domaine de l'énergie et de l'exploitation minière. La Birmanie, riche en ressources naturelles, cherche à attirer des investissements russes pour compenser les sanctions occidentales. Selon le ministère birman de l'Information, des discussions sont en cours pour un projet de construction d'une centrale nucléaire en Birmanie, avec l'aide de Rosatom, l'agence nucléaire russe.
Un isolement diplomatique persistant
Depuis le coup d'État de 2021, la Birmanie est confrontée à des sanctions économiques et diplomatiques de la part des États-Unis, de l'Union européenne et de plusieurs autres pays. La junte est accusée de violations des droits de l'homme, notamment de massacres de civils et de persécutions contre les minorités ethniques. Selon l'ONU, plus de 3 000 civils ont été tués et plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays depuis le putsch.
Dans ce contexte, la Russie est devenue un allié clé pour la junte birmane. Moscou a bloqué à plusieurs reprises des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Birmanie. Selon un diplomate occidental cité par l'AFP, « la Russie utilise la Birmanie comme un levier pour contrer l'influence occidentale en Asie du Sud-Est ».
Des enjeux économiques et géopolitiques
La visite de Min Aung Hlaing à Moscou intervient également dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, avec la guerre en Ukraine et la rivalité entre la Russie et l'Occident. La Birmanie, membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), est critiquée par ses voisins pour son manque de progrès dans la mise en œuvre d'un plan de paix. L'ASEAN a exclu la junte de ses sommets depuis 2021.
Selon le chercheur Andrew Selth, de l'Université Griffith, cité par le South China Morning Post, « la Russie est devenue le principal soutien diplomatique et militaire de la Birmanie, ce qui permet à la junte de résister aux pressions internationales ». La visite de Min Aung Hlaing devrait aboutir à la signature d'accords commerciaux et énergétiques, renforçant encore les liens entre les deux pays.
La visite se poursuivra jusqu'au 24 août 2026, avec des rencontres prévues avec des responsables russes de la défense et de l'énergie. La junte birmane espère obtenir des garanties de livraisons d'armes et de carburant, essentiels pour maintenir son contrôle sur le pays.



