Nino-Anne DUPIEUX, une patiente de 72 ans, a passé six jours entiers sur un brancard aux urgences du Centre hospitalier régional (CHR) d’Orléans, dans le Loiret, avant de pouvoir être hospitalisée dans un service. Elle raconte cette expérience difficile mais souligne que c’est grâce aux soignants qu’elle a tenu le coup.
Une attente de six jours aux urgences d’Orléans
Admise aux urgences du CHR d’Orléans le 15 août 2026, Nino-Anne DUPIEUX a été placée sur un brancard dans le couloir du service. Elle y est restée jusqu’au 21 août, soit six jours, avant d’être transférée dans un lit d’hospitalisation. Pendant cette période, elle n’a pas quitté son brancard, faute de place disponible dans les services en amont.
« Je n’ai pas vu passer le temps, parce que les soignants ont été extraordinaires », déclare-t-elle au journal Le Monde. Selon elle, le personnel soignant a fait preuve d’une grande humanité, venant régulièrement prendre de ses nouvelles, lui apporter à manger et à boire, et la rassurer. « Sans eux, je serais devenue folle », ajoute-t-elle.
Les conditions de prise en charge et le rôle des soignants
Le CHR d’Orléans, comme de nombreux hôpitaux français, subit une pression importante sur ses capacités d’accueil, notamment en période estivale. Les services d’urgences sont régulièrement saturés, ce qui conduit à des situations d’attente prolongée sur brancard. Dans le cas de Nino-Anne DUPIEUX, l’attente a été exceptionnellement longue.
« Je n’ai aucun reproche à faire à l’hôpital, ni aux médecins, ni aux infirmières », insiste-t-elle. Elle précise que son état de santé n’a pas nécessité une prise en charge en réanimation, mais qu’elle avait besoin d’une hospitalisation pour des examens complémentaires. « Les soignants ont fait tout ce qu’ils pouvaient avec les moyens du bord », ajoute-t-elle.
Un phénomène récurrent dans les hôpitaux français
Cette situation n’est pas isolée. Selon le rapport 2025 de la Fédération hospitalière de France (FHF), le nombre de patients passant plus de 24 heures sur un brancard aux urgences a augmenté de 15 % en un an. Le CHR d’Orléans, qui compte environ 1 200 lits, a vu ses urgences accueillir plus de 80 000 passages en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024.
La direction de l’hôpital, contactée par Le Monde, reconnaît que « la situation est tendue, surtout en été » et que « des mesures sont prises pour fluidifier le parcours des patients ». Elle ajoute que « des lits supplémentaires ont été ouverts dans certains services, mais que la demande reste forte ».
Un témoignage de gratitude envers les soignants
Nino-Anne DUPIEUX tient à rendre hommage aux équipes soignantes. « Ce sont des anges. Ils travaillent dans des conditions difficiles, avec peu de moyens, mais ils gardent le sourire et le moral », confie-t-elle. Elle espère que son témoignage sensibilisera le public à la réalité du travail des soignants et aux difficultés du système hospitalier.
« Je suis sortie de cette épreuve grâce à eux. Je ne les remercierai jamais assez », conclut-elle.



