Les services d’urgences des hôpitaux des Alpes-Maritimes et du Var sont confrontés à un afflux constant de patients fragiles en raison de la canicule qui frappe la région. Les admissions concernent principalement des coups de chaleur sévères, des défaillances d’organes et des complications graves, selon les témoignages des urgentistes locaux recueillis par nos confrères.
Des pathologies sérieuses prises en charge aux urgences
Le Dr Pierre-Marie Tardieux, urgentiste à Nice, décrit une situation préoccupante : « On a eu beaucoup de personnes admises pour des coups de chaleur, avec une température élevée, des troubles neurologiques, de la confusion, de la somnolence. Ces situations demandent une prise en charge rapide, un refroidissement des personnes. » Il précise que les cas les plus critiques, présentant une défaillance d’organes, sont envoyés directement en réanimation.
Pour les cas de déshydratation modérée, certaines personnes nécessitent une réhydratation, voire un bilan biologique et une surveillance. « Chez les patients fragiles on recherche systématiquement une insuffisance rénale ou des anomalies au bilan biologique », ajoute le Dr Tardieux, car la déshydratation peut aggraver brusquement des maladies préexistantes.
Les personnes âgées particulièrement vulnérables
Chez les personnes âgées, la situation dépasse le simple manque d’eau. Les urgentistes, s’ils réhydratent les patients, doivent souvent traiter d’autres complications comme une infection, les conséquences d’une chute ou une décompensation cardiaque. « Nous sommes obligés de garder ces patients à l’hôpital. On peut pas les remettre à domicile surtout s’ils sont isolés », note l’urgentiste niçois.
À Toulon, le Dr Muriel Vergne partage ce constat alarmant : « Laisser des personnes âgées isolées à domicile, c’est un avis de décès annoncé. »
Une hausse des accidents liée à la baisse de vigilance
Parmi les autres conséquences des températures élevées jour et nuit, la baisse de vigilance a provoqué une hausse des admissions pour des accidents de la vie quotidienne, ainsi que de nombreux accidents de la voie publique. Les services d’urgences doivent donc gérer un flux de patients varié, allant des coups de chaleur aux traumatismes, en passant par les décompensations de maladies chroniques.



