Un homme de 30 ans, souffrant de schizophrénie et sans domicile fixe, a été condamné à neuf mois de prison par le tribunal correctionnel de Béziers, ce lundi 27 avril. Il avait menacé avec un couteau le personnel de l'Association biterroise d'entraide et de solidarité (Abes), qui lui demandait de quitter le logement qu'il occupait.
Des faits survenus dans un contexte de rupture de traitement
Hébergé par l'Abes, le prévenu avait cessé de prendre son traitement médical, ce qui a conduit l'association à lui demander de partir. Lorsque trois employés se sont rendus dans sa chambre pour lui signifier cette décision, l'homme a sorti un couteau en criant : « Je vais vous planter ! ». L'un des employés a réussi à lui asséner un coup de pied pour le repousser et l'enfermer dans la pièce. À l'arrivée des policiers, le SDF s'est montré plus calme et a levé les bras après avoir été mis en joue.
Des explications contradictoires à l'audience
À la barre, le prévenu a affirmé : « Je voulais partir, c'est eux qui m'ont séquestré. J'étais pas bien réveillé, je me suis senti menacé. J'étais en caleçon, ils sont entrés dans ma vie privée. Et je n'ai jamais crié que j'allais les planter, ils ont inventé. » Une version contestée par le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, qui a requis 18 mois de prison, dont neuf avec sursis. « On dirait presque que vous étiez dans un état de légitime défense, mais la réalité est toute autre. Il savait pertinemment que la prise en charge allait s'arrêter. Il parle de vie privée, mais c'est un logement mis à sa disposition par une association. Il s'est énervé parce qu'il ne voulait pas quitter les lieux. Ces faits auraient pu se finir de manière bien plus dramatique si ces employés n'avaient pas gardé leur sang-froid. »
Une expertise psychiatrique déterminante
Selon l'expertise psychiatrique ordonnée par le tribunal, le prévenu était conscient de ses actes et aucune altération de son discernement n'a été décelée. Toutefois, son avocat, Me Olivier Bance, a tempéré : « Mon client est schizophrène et prend un traitement lourd dont il était en rupture au moment des faits. Jamais les trois employés n'auraient dû rentrer dans sa chambre, ils n'étaient pas formés à gérer quelqu'un de malade comme lui. Il a eu peur et a sorti un couteau, ça ne va pas plus loin que ça. »
Une peine de neuf mois de prison avec sursis probatoire
Le tribunal correctionnel de Béziers a finalement condamné le prévenu à neuf mois de prison, assortis d'un sursis probatoire de neuf mois. Il a été maintenu en détention à l'issue de l'audience.



