Scribe : six hauts policiers jugés par la Cour des comptes
Scribe : six hauts policiers jugés par la Cour des comptes

La Cour des comptes a rendu un rapport accablant concernant le déploiement du logiciel Scribe, un outil destiné à la rédaction des procès-verbaux par les forces de l'ordre. Six hauts responsables policiers ont été mis en cause pour des irrégularités dans la gestion de ce projet, qui a coûté près de 40 millions d'euros.

Des dépenses non justifiées

Selon le rapport, les dépenses liées au logiciel Scribe n'ont pas été correctement justifiées. La Cour des comptes a relevé des factures sans pièces justificatives, des marchés passés sans mise en concurrence et des prestations surfacturées. Au total, près de 10 millions d'euros de dépenses sont considérées comme non conformes.

Des responsables pointés du doigt

Les six responsables policiers concernés occupaient des postes clés dans la direction des systèmes d'information de la police nationale. Ils sont accusés d'avoir favorisé des sociétés privées sans respecter les règles de la commande publique. La Cour des comptes a transmis le dossier à la justice, qui pourrait ouvrir une enquête pour favoritisme et abus de biens sociaux.

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Un logiciel controversé

Le logiciel Scribe, développé par une entreprise française, devait simplifier le travail des policiers en automatisant la rédaction des procès-verbaux. Cependant, son déploiement a été chaotique, avec des bugs récurrents et des fonctionnalités non conformes aux besoins des utilisateurs. De nombreux agents ont dénoncé un outil inadapté, qui a ralenti leur travail plutôt que de l'accélérer.

Des conséquences financières

Outre les 40 millions d'euros déjà dépensés, la police nationale a dû engager des frais supplémentaires pour corriger les défauts du logiciel. Selon la Cour des comptes, le coût total du projet pourrait atteindre 60 millions d'euros si les correctifs nécessaires sont apportés. Une somme jugée excessive pour un outil qui n'a pas tenu ses promesses.

Réactions des syndicats

Les syndicats de police ont réagi vivement à ces révélations. Pour le syndicat Alliance, « c'est un scandale financier qui s'ajoute à l'échec technique ». Ils réclament la suspension immédiate du logiciel et une enquête parlementaire. De son côté, le ministère de l'Intérieur a annoncé un audit interne pour faire la lumière sur ces irrégularités.

Vers une judiciarisation

Le parquet de Paris a été saisi du dossier par la Cour des comptes. Une information judiciaire pourrait être ouverte dans les prochaines semaines pour déterminer les responsabilités pénales des six hauts responsables. Si les faits sont avérés, ils encourent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 200 000 euros d'amende pour favoritisme.

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