Sarlat : polémique autour du président d'un club d'arts martiaux colistier du RN
Sarlat : polémique autour d'un président de club colistier RN

Une polémique politique et sportive éclate à Sarlat

Les élections municipales à Sarlat, en Dordogne, viennent d'être secouées par une controverse inhabituelle qui mêle étroitement le monde politique et le milieu associatif sportif. Le candidat du Rassemblement national (RN), Guillaume Forquet de Dorne, a publiquement dénoncé ce qu'il considère comme une injustice subie par son plus jeune colistier, Alessandro Toso, âgé de 22 ans.

Un président de club pris entre deux engagements

Alessandro Toso occupe depuis décembre 2025 la présidence du club Zentai Budo Sarlat, une association sportive spécialisée dans un art martial de self-défense qui combine des éléments de judo, d'aïkido et de karaté. Le club compte actuellement 24 adhérents. Cependant, sa récente apparition sur la liste électorale du RN, révélée par la publication officielle de la préfecture, a provoqué une vive réaction de la part de Fabrice Lacombe, fondateur et ancien président du club.

Fabrice Lacombe, qui a dirigé l'association jusqu'en décembre 2025 et en reste un membre actif du bureau, estime que la fonction de président d'un club apolitique est incompatible avec un engagement politique affiché. Il a donc exigé la démission d'Alessandro Toso, menaçant de convoquer une assemblée générale extraordinaire pour le destituer en cas de refus. « Par opposition idéologique assumée, le professeur a exigé la démission de M. Toso », s'indigne Guillaume Forquet de Dorne, qui affirme avoir tenté en vain de trouver un règlement amiable pour désamorcer le conflit.

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Des arguments divergents sur la séparation des sphères

Fabrice Lacombe justifie sa position par plusieurs arguments. Premièrement, il considère qu'Alessandro Toso aurait dû informer le club de son rôle de colistier, car en tant que président, il représente officiellement l'association. Deuxièmement, il oppose l'étiquette « xénophobe » qu'il associe au RN à la diversité présente au sein du club, qui compte plusieurs membres « métissés », et au contexte local du Sarladais, qu'il décrit comme « un pays de tradition de gauche ».

Il explique également avoir agi « au nom du bureau » pour préserver à la fois la neutralité associative et le jeune homme lui-même, craignant les réactions négatives que pourrait provoquer la révélation de son affiliation à un parti d'extrême droite. « Il s'agissait de préserver le jeune homme face aux réactions que la révélation de son affiliation au parti d'extrême droite pourrait entraîner », insiste-t-il.

Le RN dénonce une discrimination et saisit la fédération

Guillaume Forquet de Dorne rejette catégoriquement ces arguments, affirmant qu'« il n'existe aucune incompatibilité » légale entre les deux fonctions. Il accuse Fabrice Lacombe de pratiquer une discrimination politique, rappelant que ce type d'acte est puni par la loi. Après avoir initialement accepté de démissionner sous la pression, Alessandro Toso a finalement décidé de reprendre pleinement ses fonctions, soutenu par le candidat RN.

Le jeune président défend sa position en soulignant que le club reste « apolitique » et ouvert à tous, « de gauche comme de droite ». Fabrice Lacombe interprète ce revirement comme une manœuvre du RN visant à « entrer dans une logique de victimisation » à quelques jours du premier tour des municipales.

Face à cette impasse, Guillaume Forquet de Dorne a saisi la Fédération française de karaté pour qu'elle examine le cas sous l'angle de la discrimination. Cette intervention pourrait mettre en péril l'avenir du Zentai Budo Sarlat, car Fabrice Lacombe est le seul professeur diplômé du club, et la relation de confiance entre lui et Alessandro Toso semble désormais irrémédiablement rompue.

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