Accident mortel à Sarlat : un camionneur condamné pour homicide involontaire
Sarlat : camionneur condamné pour homicide involontaire

Un drame évitable ?

Le mardi 5 mai, un chauffeur de poids lourd âgé de 53 ans comparaissait devant le tribunal de Bergerac pour répondre de blessures et d'homicide involontaires. Les faits remontent au 13 novembre 2025, à Sarlat, en centre-ville. Vers 9h30, le chauffeur, qui arrivait de la rue Jean-Jaurès, a percuté une femme de 78 ans et son compagnon alors qu'ils traversaient sur un passage piéton place de la Bouquerie.

Dans le choc, la septuagénaire a été écrasée, se retrouvant entre les essieux du véhicule, une jambe sectionnée. Elle est décédée début décembre des suites de ses blessures. Son compagnon, quant à lui, s'en est sorti avec dix jours d'interruption totale de travail (ITT).

Les explications du chauffeur

À la barre, le camionneur a expliqué : « Je suis arrivé au carrefour, j’ai ralenti, une voiture m’a laissé passer et j’ai redémarré. Je n’ai pas vu les piétons, ils étaient dans l’angle mort du camion. » L'homme, dont le casier judiciaire est vierge et qui n'avait consommé ni alcool ni stupéfiants, a exprimé à plusieurs reprises ses excuses à la famille, qui n'était pas présente à l'audience.

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Un passage piéton « accidentogène »

Pour les avocats des parties civiles et de la défense, le positionnement du passage piéton est en cause. Me Karen Perrin, pour les parties civiles, a déclaré : « C’est un lieu accidentogène. On peut se demander si les poids lourds doivent continuer à emprunter cette route. La commune devrait s’interroger sur l’emplacement de ce passage piéton. »

De son côté, Me Emmanuelle Arcis-Fayat, avocate du prévenu, a présenté un schéma pour démontrer que le passage piéton, situé « tout de suite après le virage », n'était pas visible. « D’ailleurs, le chauffeur qui suivait mon client raconte qu’il a klaxonné pour avertir du danger », a-t-elle ajouté.

La décision du tribunal

Le procureur a estimé que l'inattention caractérisait cette infraction, jugeant « l'angle mort un peu facile » comme excuse. Conformément à ses réquisitions, les magistrats ont condamné le chauffeur à un an de prison avec sursis. Ils ont également alourdi la durée de la suspension de permis, la portant à douze mois, et ont rejeté sa demande de non-inscription au casier judiciaire.

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