Trente-trois gendarmes ont été sanctionnés de manière légère pour leur comportement jugé inadapté lors des manifestations contre les mégabassines à Sainte-Soline, en mars 2023. Les sanctions, principalement des blâmes et des exclusions temporaires, ont été jugées insuffisantes par les associations et les élus locaux.
Des faits graves mais des sanctions légères
Selon les informations révélées par Mediapart, les gendarmes impliqués ont fait preuve de violences verbales et physiques envers les manifestants. Malgré la gravité des faits, les sanctions prononcées par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) restent modestes : 22 blâmes, 10 exclusions de deux à cinq jours, et une radiation. Aucun des militaires n'a été suspendu de ses fonctions.
Réactions indignées
Les organisations de défense des droits humains, comme la Ligue des droits de l'homme, ont dénoncé une impunité quasi totale. "Ces sanctions symboliques ne sont pas à la hauteur des violences commises", a déclaré un porte-parole. Des élus locaux ont également exprimé leur colère, estimant que la gendarmerie ne se remet pas en question.
Le collectif Bassines Non Merci, à l'origine des manifestations, a appelé à une réforme en profondeur des pratiques de maintien de l'ordre. "Nous exigeons des enquêtes indépendantes et des sanctions exemplaires", a-t-il affirmé dans un communiqué.
Un contexte tendu
Les manifestations de Sainte-Soline, qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes, ont été marquées par de violents affrontements. Des manifestants avaient dénoncé des tirs de grenades lacrymogènes à bout portant et des charges brutales. Le bilan officiel faisait état de dizaines de blessés, dont plusieurs graves.
La faiblesse des sanctions intervient alors que le gouvernement défend un projet de loi sur la sécurité globale, critiqué pour renforcer les pouvoirs des forces de l'ordre. Les opposants y voient un signal inquiétant pour les libertés publiques.



