Le tribunal de Béziers a relaxé, lundi 19 août 2026, un ressortissant suisse de 61 ans poursuivi pour agression sexuelle sur un enfant de 10 ans, fils d'amis avec qui il passait ses vacances au Cap d'Agde. Les faits se seraient produits entre le 9 et le 11 août sur la plage du village naturiste. Le prévenu, qui avait été placé en détention provisoire pendant quelques jours, a bénéficié d'un doute sérieux, malgré les réquisitions du parquet.
Des témoins décrivent des gestes à connotation sexuelle
Deux témoins, dont une employée du village naturiste, ont rapporté avoir vu un adulte et un enfant nus sur la plage, l'enfant étant allongé sur le ventre de l'adulte, parfois la tête entre ses jambes. Une témoin a déclaré : « Je suis sûre qu'il y avait un rapport sexuel. Il était très excité et maintenait l'enfant en place en faisant des va-et-vient. » Deux jours plus tard, dans l'eau, les gestes auraient été sans équivoque, avant l'arrivée des parents qui se sont baignés avec eux.
Le prévenu, qui souriait dans le box, a nié toute agression. Il a expliqué : « Je vis seul en haut d'une montagne et j'ai des relations normales avec les femmes. Je n'ai jamais rien fait à cet enfant. Pour nous, la nudité n'a aucune connotation sexuelle. Quand je respire, mon ventre gonfle et l'enfant aime bien ça. » Interrogé sur d'éventuels contacts physiques, il a répondu : « Oui, on se touche, mais rien de sexuel encore. Il joue et parfois il est en érection. Rien de plus. »
La mère de la victime soutient le prévenu
La mère de l'enfant a apporté son soutien au prévenu, le décrivant comme « un oncle » pour ses enfants. Elle a affirmé : « C'est un très bon ami. Nous nous connaissons de longue date et lui confions nos enfants sans problème et régulièrement. » Elle a également minimisé les gestes : « Je comprends que l'on puisse interpréter ces gestes de manière ambiguë, mais mon fils joue très souvent avec son pénis et avec notre ami. Je vois ça comme un développement normal de sa personnalité à son âge. »
L'enfant, entendu, a réfuté toute agression : « Personne n'a touché mes parties intimes. » Le médecin légiste n'a constaté aucune lésion. La présidente du tribunal a toutefois évoqué deux affaires de mœurs en Suisse pour lesquelles le prévenu avait été poursuivi, mais cela n'a pas suffi à convaincre les juges.
La défense plaide la relaxe et obtient gain de cause
Me Rebecca Smith, avocate du prévenu, a plaidé la relaxe faute d'éléments probants. Elle a déclaré : « Si son comportement choque une habituée du village naturiste, alors il a un comportement immoral. Au village naturiste, la nudité n'a rien de sexuel. Nous sommes loin des soirées que l'on peut y connaître et personne ne doit se concentrer sur ce qui a pu choquer. Nous n'avons pas à juger les ressentis des témoins. Elles sont sûres d'avoir vu un acte sexuel et le médecin légiste n'a rien observé. Il n'y a aucune lésion. Rien n'est démontré et il y a un doute sérieux qui doit profiter à mon client. »
Le tribunal a suivi cet argumentaire et a relaxé le prévenu au bénéfice du doute, écartant les réquisitions du parquet qui demandait 10 mois de détention, l'interdiction de contact avec la victime, l'interdiction de séjourner au Cap d'Agde et l'inscription au fichier national des délinquants sexuels. La famille de la présumée victime attendait le prévenu dans la salle des pas perdus, mais le jugement est désormais définitif.



