Après trois heures de négociations infructueuses, les policiers d’élite du RAID ont donné l’assaut ce mardi 30 juin 2026 à 19 heures, avant de neutraliser au pistolet à impulsion électrique un homme armé retranché dans un appartement du quartier Riquier à Nice. L’individu, âgé d’une soixantaine d’années, avait séquestré son ex-compagne et tiré à plusieurs reprises, suscitant une après-midi d’angoisse dans le quartier.
Un périmètre de sécurité déployé pendant des heures
Dès le début de l’après-midi, un vaste périmètre de sécurité a été déployé autour du boulevard de Riquier, à deux pas de la gare. Les ASVP et policiers municipaux ont bloqué la route, et les riverains ont été tenus à l’écart. « Enfin ! » a-t-on entendu à 20 heures, lorsque la rubalise a été remballée, signe de la fin d’une intervention exceptionnellement longue et délicate. Les sapeurs-pompiers et le Samu sont restés en alerte tout au long de l’après-midi.
Des négociations tendues et des tirs d’intimidation
Le RAID a entamé les négociations vers 16 heures. L’homme, très alcoolisé, s’est montré particulièrement agressif. Selon le commissaire divisionnaire Aurélien Froger, chef du pôle de voie publique à Nice, l’individu était « très alcoolisé » et refusait de se rendre. Le négociateur du RAID a tenté de « le ramener à la raison », mais en vain. À 19 heures, une première salve de grenades détonantes a figé les badauds, suivie d’une seconde. Puis, à 19 h 30, un « boum » profond a signalé la porte d’un appartement cédant, au troisième étage du 35 rue du Docteur-Richelmi.
L’ex-compagne parvient à fuir
L’alerte était parvenue à la police en début d’après-midi via un appel au 17. « Une personne nous a indiqué qu’un individu armé avait fait feu dans un appartement », a débriefé le commissaire Froger. De sources concordantes, l’homme est soupçonné d’avoir agressé son ex-compagne, y compris sexuellement, avant de la séquestrer. Il a ensuite tiré un coup avec un Magnum 44, sans la blesser physiquement. La victime, également sexagénaire, a réussi à quitter l’appartement et à trouver refuge dans un bar voisin, où les sapeurs-pompiers l’ont prise en charge.
Un forcené menaçant et suicidaire
Durant les négociations, l’homme retranché est apparu sur le balcon et a tiré à deux reprises, sans viser les policiers, mais plutôt pour intimider. « Il est connu pour avoir une arme, a témoigné un jeune voisin à l’issue des opérations. On a toujours été face à un homme virulent et colérique. On n’est vraiment pas rassurés. Ça va qu’on a été protégés par les forces de l’ordre et mis à l’écart... Mais cette situation a fait peur à beaucoup de gens. On se demandait s’il avait une ceinture d’explosifs, s’il pouvait faire sauter l’étage, voire l’immeuble. » En réalité, le forcené aurait surtout menacé d’attenter à ses jours, n’hésitant pas à glisser le canon de son revolver dans sa bouche.
Un assaut maîtrisé et une interpellation sans incident
Les policiers du RAID ont fait preuve de tout leur sang-froid et de leur savoir-faire. « Nous avons réussi à pénétrer dans l’appartement, neutraliser l’individu et à l’interpeller sans incident », a conclu le commissaire Froger. Le suspect a été visé par un pistolet à impulsion électrique et neutralisé, vivant et indemne. Les sapeurs-pompiers et le Samu, prépositionnés dans l’immeuble protégés par les armes longues et les boucliers de la brigade anticriminalité (BAC), sont restés en embuscade.
Une enquête confiée au groupe des violences intrafamiliales
En début de soirée, les enquêteurs du service local de police judiciaire (SLPJ) procédaient aux constatations et recueils de témoignages sur place. Le groupe des violences intrafamiliales est saisi de l’affaire. Après un passage en dégrisement, le forcené devait être placé en garde à vue dans la soirée. Selon le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, il doit être entendu pour « viol conjugal, violences conjugales avec arme, détention d’arme de catégorie B et séquestration sur conjoint ».
Le commissaire Froger a salué la compréhension de la population : « On a bloqué l’ensemble du quartier. Dès qu’on a un individu avec une arme à feu, on prend des précautions plus importantes. La population s’est montrée compréhensive, et nous a bien aidés d’ailleurs. »



