Le sommet du Mercosur s'est ouvert ce mardi à Asunción, au Paraguay, dans un climat de tensions autour de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne. Les divergences entre les États membres du bloc sud-américain persistent, notamment sur les clauses environnementales et agricoles.
Des positions divergentes entre les membres du Mercosur
Le Brésil, principale économie du bloc, pousse pour une conclusion rapide de l'accord, tandis que l'Argentine et l'Uruguay expriment des réserves. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré : « Nous devons finaliser cet accord pour renforcer notre compétitivité et attirer les investissements. » En revanche, le président argentin Alberto Fernández a souligné la nécessité de protéger les industries locales et l'agriculture familiale.
Les enjeux environnementaux au cœur des débats
L'Union européenne insiste sur des engagements contraignants en matière de déforestation et de développement durable. Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a rappelé que « tout accord doit inclure des clauses solides pour lutter contre le changement climatique et préserver la biodiversité ». Les pays du Mercosur, en particulier le Brésil, considèrent ces exigences comme une ingérence dans leur souveraineté.
Selon des sources diplomatiques, les négociations butent également sur les subventions agricoles européennes, que les producteurs sud-américains jugent protectionnistes. Un représentant du Paraguay a indiqué : « Nous ne pouvons accepter un accord qui désavantagerait nos agriculteurs. »
Un accord crucial pour l'économie régionale
L'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, en négociation depuis plus de vingt ans, pourrait créer un marché de 780 millions de consommateurs. Selon une étude de la Commission européenne, il permettrait d'économiser 4 milliards d'euros par an en droits de douane. Cependant, les divergences politiques et les pressions des groupes d'intérêt freinent sa conclusion.
Le sommet d'Asunción devrait se poursuivre jusqu'à jeudi, avec des discussions bilatérales entre les chefs d'État. L'issue de ces négociations déterminera l'avenir de l'un des plus grands accords commerciaux du monde.



