Procès à Nîmes : il poignarde son ami d'enfance pour défendre sa mère
Procès à Nîmes : il poignarde son ami pour sa mère

Le procès pour tentative de meurtre s'est ouvert ce jeudi 11 juin devant la cour d'assises du Gard. Kellian M., 29 ans, comparaît libre pour avoir poignardé son ami d'enfance dans la nuit du 3 juillet 2021, à Nîmes. Il risque 30 ans de réclusion criminelle.

Les faits : une altercation sous l'emprise de l'alcool

Ce soir-là, après une première dispute à la sortie d'une boîte de nuit, les deux amis se retrouvent devant le domicile de la mère de l'accusé, quartier Gambetta. Des insultes éclatent. La mère de Kellian M. intervient, tente de calmer la situation et demande à son fils de rentrer. Mais selon elle, l'ami l'aurait insultée et bousculée. Depuis la fenêtre, son fils assiste à la scène. Très fusionnel avec sa mère, il dit avoir « vu rouge » et descend muni d'un couteau.

Quatre coups de couteau, dont trois au sol

La victime prend la fuite, mais Kellian M. la rattrape et lui assène quatre coups de couteau, dont trois alors qu'elle est au sol. L'accusé reconnaît l'agression mais nie toute intention de tuer. L'avocate générale Isabelle Tourn interroge la possibilité de coups sans intention homicide. Le docteur Benslima, entendu à l'audience, est catégorique : « Il faut une certaine force vu la profondeur » des blessures. L'une des plaies a provoqué un pneumothorax. L'ITT, d'abord fixée à quinze jours, a été ramenée à dix.

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Des versions contradictoires

Le président Christian Pasta tente d'éclaircir la présence d'un poing américain retrouvé sur les lieux. La mère de l'accusé affirme qu'il appartient à la victime. L'ancienne compagne de cette dernière confirme qu'il en possédait un, mais nuance : « Je ne me souviens pas l'avoir vu ce soir-là. » Elle conteste également les insultes et la bousculade décrites par la mère.

Des récits qui se contredisent, rendant le dossier complexe. La mère affirme que le jeune homme était venu « pour en découdre », tandis que la victime et deux amis assurent qu'il était « triste » après l'altercation en boîte. L'avocate générale relève une contradiction : « Pourtant vous dites qu'il était déçu, et au moment de repartir chez vous, vous le suivez car vous sentez que ça peut dégénérer ? C'est un peu contradictoire. » L'ancienne compagne répond : « J'ai eu un mauvais pressentiment. »

Absence de la victime et expertises psychologiques

La victime étant absente au procès, aucune précision n'est apportée. L'experte psychologue évoque un état « anxieux », des « cauchemars » et une « impression de sombrer » depuis l'agression. Elle note toutefois que le jeune homme, décrit comme « sanguin », a omis de mentionner un grave accident où un ami aurait tenté de lui foncer dessus en voiture, ce qui « peut interroger sur l'orientation de son discours ».

À l'inverse, l'accusé est décrit comme « pacifiste » mais pouvant se positionner en « défenseur » lorsqu'une personne est agressée. Les experts évoquent une « difficulté à gérer ses émotions » et une tendance à « banaliser son geste ». L'un d'eux souligne : « Il estime qu'il a été agressé, il n'a donc pas émis de regret par rapport à son acte. » L'avocate de la défense, Me Khadija Aoudia, nuance en décrivant un homme « taiseux », peu enclin à exprimer ses émotions.

Les débats se poursuivent ce vendredi avec l'interrogatoire de l'accusé. La décision est attendue en fin de journée.

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