Procès Maradona : chaos après diffusion de l'autopsie vidéo
Procès Maradona : chaos après diffusion vidéo de l'autopsie

Le procès sur la mort de Diego Maradona, entamé le 14 avril à San Isidro en Argentine, entre dans sa dernière ligne droite. Sept professionnels de santé sont jugés pour négligence après le décès du footballeur en 2020. Les débats, marqués par de vives altercations, doivent se clore en août après 25 audiences.

Diffusion choc de l'autopsie

Le médecin personnel de Maradona et principal accusé, Leopoldo Luque, a fait diffuser une vidéo de l'autopsie de Maradona projetée devant sa fille Gianinna. Bouleversée par les images, elle s'est levée en insultant Luque et a quitté la salle à grands cris, suivie de son avocat, Fernando Burlando. L'audience a été suspendue. Leopoldo Luque a assuré n'avoir pas remarqué la présence de Gianinna avant de lancer l'extrait vidéo, mais la famille a déclaré ne pas le croire.

Tensions et psychodrames au tribunal

Le juge Alberto Gaig, qui préside le tribunal avec ses assesseurs Pablo Rolón et Alberto Ortolani, joue depuis trois mois le rôle d'arbitre dans une salle où les altercations sont fréquentes. "C'est impossible de les arrêter, comme des gamins ! On ne peut pas travailler comme ça", s'est-il un jour emporté après de vifs échanges entre avocats.

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La rivalité entre Me Burlando et Me Francisco Oneto, avocat de Luque, est électrique. Assis à quelques mètres l'un de l'autre, ils ne cachent pas leur inimitié. Me Burlando s'exprime avec lenteur, Me Oneto l'interrompt abruptement et parle à haute voix. Un jour, Me Burlando a renvoyé son confrère "à l'école primaire", tandis que Me Oneto, connu pour avoir été l'avocat du président argentin Javier Milei, lui a répliqué d'"aller chercher un dictionnaire". Leurs disputes ont entraîné une suspension d'audience, et des invectives ont fusé dans la salle des pas perdus : "Pauvre type !" "Clown de merde !" "T'es un con" "Et bien me voilà, qu'est-ce que tu vas faire ?"… Jusqu'à ce qu'un procureur et un policier les éloigne, évitant de peu un contact physique.

Des moments d'apaisement inattendus

Un froid matin de juin, un avocat de la défense est arrivé avec un sac de toile de jute rempli d'alfajores (biscuits fourrés) au chocolat et au dulce de leche (confiture de lait), une friandise typique argentine, et les a distribués autour de lui. Un mois plus tôt, un autre avocat de la défense était arrivé avec des "chipás", petits pains paraguayens au fromage, dans de petites boîtes roses provenant de la pâtisserie de sa femme, qui ont fait l'unanimité entre les hommes de loi.

Une maquette au cœur des débats

Un objet inattendu est devenu protagoniste du procès : une maquette à l'échelle de la maison dans laquelle Maradona a rendu son dernier souffle. Réalisée par des étudiants de l'Université de Belgrano, elle mesure environ deux mètres de large sur un mètre de haut et pèse suffisamment pour requérir quatre hommes pour la transporter. Elle apparaît chaque fois qu'un témoin doit situer spatialement les différentes pièces de la maison.

Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020 des suites d'une crise cardiorespiratoire. Les sept accusés (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés pour potentielles négligences ayant contribué à sa mort, seul sur son lit d'une résidence peu médicalisée où il était en convalescence post-opératoire.

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