Des plaintes ont été déposées directement contre Anne Hidalgo, maire de Paris, et Patrick Bloche, adjoint à la maire chargé de l'éducation, dans le cadre de l'affaire des violences signalées dans les accueils périscolaires de la capitale. Les faits, révélés par une enquête interne, concernent des dizaines d'enfants et ont conduit à des signalements auprès du procureur de la République.
Des plaintes ciblant la maire et son adjoint
Selon les informations du Monde, deux plaintes ont été déposées le 25 août 2026 par des familles d'élèves. Elles visent personnellement Anne Hidalgo et Patrick Bloche pour "violences volontaires sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité" et "mise en danger de la vie d'autrui". Les plaignants estiment que les deux élus, informés des dysfonctionnements, n'ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger les enfants.
L'enquête interne, menée par la direction des affaires scolaires de la Ville de Paris, avait identifié des faits de violences physiques et psychologiques dans plusieurs écoles élémentaires et maternelles. Les signalements, transmis au procureur de la République en juin 2026, concernaient au moins 34 enfants scolarisés dans 12 arrondissements différents.
La mairie de Paris conteste les accusations
La mairie de Paris a réagi dans un communiqué, affirmant que "les faits décrits dans ces plaintes ne correspondent pas à la réalité" et que "des mesures disciplinaires ont été prises dès la connaissance des faits". L'exécutif municipal rappelle qu'une cellule d'écoute a été mise en place pour les familles et que des agents ont été suspendus à titre conservatoire.
Patrick Bloche, interrogé par Le Monde, a déclaré : "Je conteste fermement ces accusations. Nous avons agi avec la plus grande diligence dès que les alertes ont été remontées. La Ville de Paris a immédiatement saisi la justice et lancé une inspection." Il précise que les signalements ont été effectués conformément à la procédure, et que les familles ont été informées de leurs droits.
Un précédent judiciaire et des suites attendues
Cette affaire fait écho à une précédente condamnation en 2024 concernant des violences dans une crèche municipale, où la Ville avait été reconnue responsable. Les avocats des familles, Mes Claire Sérétin et David Père, estiment que "la répétition de ces faits démontre une carence systémique dans le contrôle des personnels encadrant les enfants".
Les plaintes ont été déposées auprès du doyen des juges d'instruction de Paris. Une enquête préliminaire avait déjà été ouverte par le parquet en juillet. Les prochaines étapes dépendront de la décision du parquet de requalifier les faits ou de saisir un juge d'instruction. La Ville de Paris, de son côté, indique qu'elle se portera partie civile si l'affaire est instruite.



