Le procès de Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre 2001, se tiendra en juin 2028. La date a été fixée mardi par le tribunal militaire de Guantanamo, où il est détenu depuis 2006. Cette annonce met fin à plus de deux décennies de procédures préliminaires, souvent ralenties par des questions juridiques et médicales.
Une décision judiciaire attendue depuis longtemps
Le juge militaire chargé du dossier a officiellement programmé l'ouverture du procès pour le 1er juin 2028. Cette décision intervient après des années de débats sur la validité des aveux de l'accusé, obtenus sous la torture selon ses avocats, et sur la possibilité de le juger devant une commission militaire. Les proches des victimes, présents à l'audience, ont accueilli la nouvelle avec un mélange de soulagement et de scepticisme, redoutant de nouveaux reports.
Khalid Cheikh Mohammed, âgé de 61 ans, est accusé d'avoir planifié les attentats qui ont fait 2 977 morts à New York, Washington et en Pennsylvanie. Il encourt la peine de mort, mais son sort reste incertain en raison de l'opposition de certaines organisations de défense des droits humains à la procédure exceptionnelle de Guantanamo.
Un calendrier sous tension
Le tribunal a prévu plusieurs mois d'audiences préliminaires avant juin 2028, afin de régler les derniers recours. Les avocats de la défense ont déjà annoncé qu'ils contesteraient la décision, invoquant l'état de santé de leur client, qui souffre de séquelles de tortures. De leur côté, les procureurs militaires se disent prêts à présenter des preuves accablantes, notamment des enregistrements et des témoignages de hauts responsables d'Al-Qaïda.
Cette annonce relance le débat sur la fermeture du centre de détention de Guantanamo, que le président américain Joe Biden avait promis de fermer sans jamais y parvenir. Les familles des victimes espèrent que ce procès apportera enfin une conclusion, mais beaucoup craignent que la date de 2028 ne soit pas tenue, comme ce fut le cas à plusieurs reprises par le passé.
Un procès historique aux enjeux multiples
Ce procès sera l'un des plus importants de l'histoire judiciaire américaine, tant par son ampleur que par ses implications politiques. Il pourrait également servir de test pour le système des commissions militaires, créé après les attentats, et dont la légitimité est contestée. Les observateurs notent que la date de juin 2028, soit près de 27 ans après les faits, illustre la lenteur exceptionnelle de cette procédure, marquée par des changements d'avocats, des problèmes de sécurité et des batailles juridiques.
En attendant, Khalid Cheikh Mohammed reste détenu dans une cellule de haute sécurité à Guantanamo. Ses codéfendants, dont Walid bin Attash et Ramzi Binalshibh, seront jugés en même temps que lui. Le verdict, s'il est prononcé, pourrait être suivi d'un appel automatique, ce qui repousserait encore l'issue définitive. Pour les familles des victimes, l'essentiel est que la vérité soit dite, même si la peine capitale semble de plus en plus difficile à appliquer.



