Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016, traverse une période de turbulences. Critiqué de toutes parts, il trouve néanmoins un soutien de poids : l'Afrique. Le continent, qui représente plus d'un quart des fédérations membres de l'instance, apparaît comme son dernier rempart dans la course à sa propre succession.
Un président contesté mais soutenu par l'Afrique
Alors que les critiques fusent de l'Europe et de l'Amérique du Sud, notamment sur la gestion des droits télévisés et des compétitions internationales, Infantino peut compter sur la Confédération africaine de football (CAF). Selon plusieurs sources proches du dossier, la majorité des 54 fédérations africaines lui seraient acquises. Ce bloc représente un poids électoral considérable, car chaque fédération dispose d'une voix lors du congrès de la FIFA.
Lors de la dernière élection en 2023, Infantino avait déjà bénéficié d'un large soutien africain. Ce soutien s'explique par les investissements de la FIFA sur le continent : programmes de développement, construction d'infrastructures, et organisation de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2025 en Afrique du Sud.
Des critiques venues d'Europe et d'Amérique du Sud
En Europe, plusieurs fédérations, dont celles de l'Allemagne et de la France, ont exprimé leur mécontentement face à la dérive commerciale de la FIFA. La décision d'augmenter le nombre de participants à la Coupe du monde à 48 équipes, sans concertation suffisante, a été particulièrement mal accueillie. En Amérique du Sud, la CONMEBOL s'inquiète de la concurrence de la nouvelle Coupe du monde des clubs, jugée préjudiciable aux championnats locaux.
Malgré ces oppositions, Infantino semble confiant. Il a récemment déclaré : « L'Afrique est l'avenir du football mondial, et je suis fier de ce que nous avons accompli ensemble. » Une phrase qui résonne comme un appel du pied aux fédérations africaines, dont le poids dans les instances dirigeantes ne cesse de croître.
Un enjeu électoral majeur pour 2027
L'élection du président de la FIFA est prévue pour 2027. Si Infantino n'a pas encore officialisé sa candidature, il est largement attendu qu'il se représente. Dans ce contexte, le soutien africain pourrait faire la différence. Selon des analystes, le continent pourrait représenter jusqu'à 25 % des voix, un chiffre non négligeable face à une opposition fragmentée.
En coulisses, des discussions sont en cours entre les dirigeants de la CAF et les proches d'Infantino. Certains évoquent la possibilité d'une Coupe du monde en Afrique dans les prochaines années, un projet qui renforcerait encore l'alliance entre le président de la FIFA et le continent.
Une relation privilégiée avec la CAF
Infantino a tissé des liens étroits avec le président de la CAF, Patrice Motsepe, depuis son élection en 2021. Les deux hommes partagent une vision commune de développement du football africain, axée sur la formation des jeunes et la modernisation des stades. La FIFA a injecté des millions de dollars dans des projets continentaux, notamment la rénovation du siège de la CAF au Caire.
Cette coopération a porté ses fruits : la dernière Coupe d'Afrique des nations, organisée en Côte d'Ivoire, a été saluée pour son organisation, et la performance des équipes africaines lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar (avec le Maroc en demi-finale) a renforcé la crédibilité du football africain sur la scène internationale.
Vers une nouvelle candidature ?
Alors que le prochain congrès de la FIFA se tiendra en 2027, les spéculations vont bon train. Infantino pourrait profiter de ce rendez-vous pour annoncer sa candidature, fort du soutien africain. Les observateurs notent que son discours sur la « mondialisation du football » trouve un écho particulier dans les pays émergents, où la FIFA est perçue comme un vecteur de développement.
En attendant, le président de la FIFA continue de parcourir le continent, multipliant les annonces de financement et les visites de terrain. Une stratégie qui semble porter ses fruits, à en juger par les déclarations des dirigeants africains, unanimes à saluer « son engagement sans faille » en faveur du football africain.
Si l'Afrique constitue aujourd'hui le principal soutien d'Infantino, la partie est loin d'être gagnée. Les prochains mois seront décisifs, et le congrès de 2027 s'annonce comme un test majeur pour l'avenir de la gouvernance du football mondial.



