Le très médiatisé Bally Bagayoko, figure de la poussée de La France insoumise lors des municipales, est désormais dans le viseur de la justice. L'association AC !!! Anti-Corruption a déposé une plainte contre X auprès du Parquet national financier (PNF), après des révélations du Canard enchaîné. Cette plainte vise des soupçons de détournement de fonds publics et d'emploi fictif, mais aussi de prise illégale d'intérêts, de favoritisme, de manquement à la probité et de cumul irrégulier d'activités publiques.
Un cumul de fonctions à la RATP et comme élu
Selon l'article du Canard enchaîné intitulé « Le ticket gagnant de Bally Bagayoko », le maire de Saint-Denis aurait longtemps cumulé un mandat local avec un poste de cadre à la RATP. Le journal satirique évoque un « recrutement sans concours » ni entretien en 2000, des « horaires élastiques » et de « généreuses indemnités ». Cette fonction aurait été cumulée avec celle d'adjoint au maire, puis avec celle de vice-président du conseil départemental.
Le cumul de deux emplois publics à temps plein est prohibé sauf autorisation expresse et motivée. AC !!! Anti-Corruption demande donc la vérification de plusieurs éléments : l'autorisation de cumul d'activités délivrée par la RATP ou la préfecture, ainsi que la présence effective de Bally Bagayoko à la RATP pendant ses mandats électifs. Si les rémunérations ont été perçues pour un emploi non exercé à temps plein, « il s'agirait d'une utilisation indue des fonds publics », souligne l'association.
Une hausse de 102 % des indemnités d'adjoint
Le Canard enchaîné rapporte également qu'en 2015, après la perte de son mandat départemental, le conseil municipal de Saint-Denis, dirigé par le PCF, a accordé à Bally Bagayoko une « hausse de 102 % de ses indemnités d'adjoint ». De quoi compléter un salaire de cadre qui dépassera ensuite les 6 000 euros par mois, a confirmé l'intéressé au journal, en intégrant le 13e mois et les primes.
Contacté par l'AFP, le maire de Saint-Denis, âgé de 53 ans, n'a pas souhaité réagir à ces accusations.
AC !!! Anti-Corruption assume son rôle de lanceur d'alerte
Éric Halphen, président d'honneur d'AC !!! Anti-Corruption et ancien juge, a justifié cette plainte auprès de l'AFP : « Une association comme la nôtre doit signaler ce qui lui paraît illégal et attentatoire aux intérêts de nos concitoyens », que les faits soient « commis par des gens classés à gauche comme à droite ». Il a ajouté : « À partir du moment où des faits semblent mettre en cause un élu municipal et une institution telle que la RATP, nous nous devions de les dénoncer au Parquet national financier. Après, nous verrons ce que le parquet décide de faire. Mais nous avons un rôle de lanceur d'alerte en quelque sorte ».
L'association espère qu'une enquête sera ouverte pour faire la lumière sur ces soupçons. Cette affaire intervient dans un contexte où la probité des élus est au cœur des préoccupations citoyennes, et où la justice se montre de plus en plus attentive aux cumuls irréguliers et aux emplois fictifs.



